Rome: Le Saint-Siège réclame un instrument contre le commerce des armes légères
Rome, 10 janvier 2006 (Apic) Le Saint-Siège demande aux Nations Unies une réflexion sérieuse sur le commerce international des armes légères. Il souhaite un instrument légal contraignant concernant le commerce international sur ce type d’armes.
Mgr Celestino Migliore, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Onu, a pris la parole le 9 janvier 2006 aux Nations Unies. Il s’est exprimé devant le Comité préparatoire de la conférence des Nations Unies chargé d’examiner les progrès dans la mise en oeuvre du Programme d’action sur les armes légères. Ce programme vise à prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects.
Pour Mgr Migliore il serait « utile » d’entamer une réflexion sérieuse sur la « négociation d’un instrument légal sur le commerce international des armes ». Il pense à « un traité commercial sur les armes, fondé sur les principes les plus importants du droit international, et en particulier sur les droits de l’homme et le droit humanitaire ». « Un tel instrument, a-t-il expliqué, pourrait contribuer considérablement à déraciner le trafic illicite des armes ».
Au cours de son intervention, l’Observateur permanent du Saint-Siège a encore déclaré que la prochaine conférence sur les armes légères prévue en juin et juillet 2006 serait la réunion « la plus importante » depuis l’adoption en 2001 du programme d’action y relatif.
Pour le diplomate du Saint-Siège, le processus des Nations Unies contre le commerce illicite des armes légères a trop souvent concentré son attention sur l’offre de la vente d’armes. Mgr Celestino Migliore a invité à considérer « les coûts humanitaires des armes légères ».
Promouvoir une culture de la paix et de la vie
« Réduire rigoureusement la demande d’armes légères », explique Mgr Migliore, exige « non seulement de la volonté politique mais une recherche mieux focalisée dans la dynamique des conflits, des crimes et de la violence ». Le diplomate a ensuite estimé qu’il fallait promouvoir « une vraie culture de paix et de vie parmi tous les membres de la société ».
Le 3 octobre 2005, devant la Première Commission sur ’Désarmenent et sécurité nationale’, le diplomate du Vatican avait déjà appelé de ses voeux l’instauration d’un « travail local, national, régional et mondial pour éradiquer les armes légères et de petit calibre ».
Ajoutant que les Nations Unies avaient « la grande responsabilité de passer de l’analyse à l’action ». Le 23 septembre, l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU avait aussi regretté « le manque de consensus » des Etats membres sur le désarmement et la non-prolifération, et qualifié d’ »inquiétant » le « silence » sur ce sujet, dans la déclaration finale de la 60e session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
La première conférence de l’ONU sur le trafic illicite des armes légères s’est terminée à New York le 20 juillet 2001 avec un ’Plan d’action 2001’, obtenu après de longues et difficiles négociations. Ce plan est censé servir de base pour des actions internationales afin de combattre le commerce illicite des armes légères dans le monde. Les progrès en la matière seront évalués lors d’une grande conférence prévue du 26 juin au 7 juillet 2006 à New York. Le Comité préparatoire de cette conférence est réuni au siège de l’ONU du 9 au 20 janvier 2006. (apic/imedia/ami/vb)
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