Kenya: «Ici l’urgence n’est pas nouvelle», constate une religieuse

Famine et sécheresse menacent l’extrême nord du Kenya

Nairobi, 17 janvier 2006 (Apic) Sécheresse au Kenya: l’urgence n’est pas nouvelle, estime une religieuse, qui oeuvre dans ce pays en qualité d’infirmière.

«Le vrai problème est qu’ici, nous sommes presque toujours à la limite de l’urgence: il suffit de peu pour transformer la pénurie de pluie de cette année en sécheresse, relève Soeur Elisabeth Grobberio, infirmière, contactée par l’Agence Misna. La religieuse travaille à El Wak, petite localité à la frontière de la Somalie, dans l’extrême nord-est du Kenya, à un millier de kilomètres de la capitale, Nairobi.

Selon le gouvernement, 3,5 millions de Kenyans sont désormais menacés par la famine, qui aurait fait en tout une quarantaine de victimes. Pour les autorités, El Wak est l’une des zones les plus touchées.

Selon la religieuse, 4 enfants sont morts au cours des 4 derniers jours. Soeur Elisabeth gère un centre avec une consoeur du Mouvement contemplatif missionnaire de Charles de Foucault. «Pour les adultes, beaucoup souffrent d’anémie ou de faiblesse.» Ce qui est sûr, ajoute la missionnaire âgée de 33 ans et originaire de Coni, en Italie, c’est que des animaux meurent, alors qu’ils sont la principale ressource des Garr, communauté nomade dans la région de El Wak.

«Nous avons vu de nombreuses carcasses d’animaux sur la route vers Mandera» à 200 kilomètres plus au nord. «Les enfants n’ont plus aucune ressource, ni le lait ni la viande, plus rien à vendre».

Selon elle, l’argent sert essentiellement dans la région à acheter de l’eau. «Les puits de la zone sont salés et inutilisables pour une grande partie de la population». Il faut se rendre à dos de mulet à une trentaine de kilomètres, certains ne peuvent pas se permettre un bidon de 20 litres moins de 25 centimes d’euro. «Ici, c’est beaucoup» observe encore la missionnaire.

A la sécheresse, ou à cause d’elle, s’ajoute le problème des civils qui fuient pour arriver El Wak ville sans eaux ni électricité. «La frontière est tracée sur le papier mais à certains endroits on circule librement». Le gouvernement a envoyé les premiers secours et les premières organisations humanitaires, comme Oxfam et Médecins sans frontières, sont arrivées, commente-t-elle. «Le point critique, assure la religieuse, sera maintenant la distribution des aides alimentaires. Il ne suffit pas de les amener, il faut encore les faire parvenir aux familles nomades qui en ont besoin». (apic/misna/cm)

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