Elle portera sur l’amour divin et la charité chrétienne

Rome: La première Encyclique de Benoît XVI paraîtra le 25 janvier

Rome, 18 janvier 2005 (Apic) La première Encyclique de Benoît XVI, intitulée Deus Caritas est (Dieu est Amour, ndlr), paraîtra le 25 janvier 2006, a confirmé le pape Benoît XVI lors de l’audience du 18 janvier 2006 dans la salle Paul VI.

Cette première Encyclique sera rendue publique mercredi 25 janvier 2006, fête de la conversion de saint Paul. Composée de deux grandes parties, elle porte sur l’amour divin et la charité chrétienne. Une partie de son contenu a été divulgué en début de semaine dans la presse italienne.

Attendue depuis plusieurs mois, elle a été signée le 25 décembre 2005, jour de Noël, selon le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls. Elle pourrait alors être présentée à la presse par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr William Joseph Levada et par le président du Conseil pontifical Cor Unum, Mgr Josef Cordes.

Ecrite l’été dernier, lors du séjour du pape dans le Val d’Aoste puis dans sa résidence d’été à Castel Gandolfo, la première Encyclique de Benoît XVI a été traduite une première fois de l’allemand au latin, – langue officielle au Vatican -, puis du latin dans les langues vernaculaires. Ses traductions ont été soumises à maintes corrections, et ce jusqu’à très récemment. A ce sujet, il y aurait eu des problèmes au sein de la Secrétairerie d’Etat. Sur suggestion de la Congrégation de la doctrine de la foi, la conclusion du document aurait aussi été revue.

Composée de deux grandes parties, l’Encyclique « Deus caritas » est porte sur l’amour divin et la charité chrétienne. Elle n’est pas programmatique au sens propre du terme, comme l’étaient par exemple la première Encyclique de Jean Paul II « Redemptor hominis », centrée sur la relation entre le Christ et l’humanité, ou celle de Paul VI, « Ecclesiam Suam », sur le rapport entre Eglise et le monde. Il s’agit d’un « rappel même au coeur du christianisme », comme l’a affirmé Mgr Angelo Comastri, vicaire général de la Cité du Vatican, dans le quotidien « Il Messaggero » du 17 janvier 2006.

Plus courte que les précédentes encycliques

Cette question est en effet fondamentale pour Benoît XVI. Il a ainsi expliqué dans son message de Noël que « l’homme de l’ère technologique » risquait d’être « victime des succès mêmes de son intelligence et des résultats de ses capacités d’action s’il se laissait prendre par une atrophie spirituelle, par un vide du coeur ». Le 1er janvier, il avait ensuite souligné que Dieu, « qui est l’amour parfait et subsistant » et le chemin de la paix, « s’était révélé en Jésus épousant notre condition humaine ». Il avait aussi cité la première épître de saint Jean, dont le titre de l’Encyclique est tiré, lors de son homélie de l’Epiphanie, le 6 janvier 2006. « Dans l’enfant de Bethléem, Dieu s’est révélé dans l’humilité de la ’forme humaine’, dans la ’condition d’esclave’ ou mieux, de crucifié. C’est le paradoxe chrétien. C’est justement cette dissimulation qui constitue la plus éloquente ’manifestation’ de Dieu : l’humilité, la pauvreté, l’ignominie même de la passion nous font connaître véritablement Dieu », avait-il ainsi commenté, en ajoutant que « Dieu est amour ».

La première Encyclique du nouveau pape s’ouvre ainsi sur les paroles de saint Jean, avec pour incipit (premières paroles, ndlr) « Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jean, chapitre 4, verset 16), suivi par un commentaire: « ces mots de la première lettre de Saint Jean expriment avec une clarté singulière le centre de la foi chrétienne, l’image chrétienne de Dieu et aussi la vision conséquente de l’homme et de son chemin ».

Plus courte que les dernières Encycliques publiées, composée en 51 points sur une quarantaine de pages, celle de Benoît XVI commencerait par une partie théologique consacrée à « l’unité de l’amour, de la création et de l’histoire du salut », selon des indiscrétions révélées le 16 janvier par l’agence de presse italienne Ansa. Elle réaffirmerait la spécificité chrétienne de la révélation de Dieu, amour qui se fait « chair » pour sauver l’humanité.

L’ »amour-charité »

Dans la première partie, le pape théologien insisterait aussi sur l’agape, « l’amour fondé dans la foi et modelé par elle », l’amour chrétien sans lequel l’eros, l’amour passion, finit par être « abaissé au simple sexe ». Ainsi, le pape craindrait que l’apport propre au christianisme pour l’humanisation des rapports de couple soit perdu par une scission entre l’agape, l’amour qui se donne, et l’eros, l’amour de concupiscence. Sans l’agape, l’amour deviendrait, selon lui, « marchandise », quelque chose « que l’on peut vendre et acheter », faisant de l’homme même une marchandise. Benoît XVI proposerait donc à nouveau l’unité de l’eros et de l’agape comme unique voie pour garantir la plénitude de l’amour, affirmant que le mariage fondé sur un amour exclusif devient « la représentation du lien de Dieu avec son peuple et réciproquement ».

« Nous devons dire non à la culture de la perversion de la joie, du mensonge, de l’escroquerie, de l’abus du corps comme marchandise », afin « de cultiver une culture de la vie », avait déjà déclaré Benoît XVI, le 8 janvier 2006. « Notre oui, est un oui à la vie, un oui à Dieu vivant, oui à la famille, oui à la solidarité et à la responsabilité sociale », avait-il affirmé lors des baptêmes d’enfants qu’il présidait dans la chapelle Sixtine.

C’est justement de la responsabilité sociale qu’il s’agirait dans la seconde grande partie de l’Encyclique de Benoît XVI. Il y traiterait en effet de la dimension ecclésiale et sociale de l’amour, du rapport entre charité et justice, et appellerait les chrétiens au partage de la solidarité avec l’entière humanité. Pour lui, « même dans la société la plus juste », l’amour-charité serait toujours nécessaire. Faisant référence à l’activité déployée par les institutions et organisations caritatives chrétiennes, il soulignerait encore que celle-ci doit être indépendante des partis ou idéologies. Elle serait en effet, pour lui, non pas la voie pour changer le monde, mais la réalisation « ici et maintenant de l’amour dont l’homme a toujours besoin ».

Seconde partie à caractère plus social

Cette seconde partie de l’Encyclique, à caractère plus social que la première, a été réalisée avec la contribution du Conseil pontifical Cor Unum dirigé par l’archevêque allemand Mgr Cordes, ami de Joseph Ratzinger. Le dicastère de la charité du pape avait déjà commencé à travailler à ce projet sous le pontificat de Jean Paul II. Lui-même avait d’ailleurs estimé, lors de son audience générale du 2 octobre 1985 sur l’amour divin, que les paroles de la première épître de saint Jean, constituaient « la clef de voûte définitive de la vérité sur Dieu ».

Cor Unum a en outre organisé un séminaire sur le thème de la charité et autour de l’Encyclique les 23 et 24 janvier prochains. De nombreux experts du monde entier, dont l’économiste américain James Wolfensohn, ancien président de la Banque mondiale, ont été invités à réfléchir sur le contenu de l’Encyclique dans la salle du Synode au Vatican.

Dix mois après

C’est donc au dixième mois de son pontificat que Benoît XVI publiera sa première Encyclique. Très attendue, elle représente en effet le document hiérarchiquement le plus important des écrits pontificaux. Jean Paul II avait publié sa première Encyclique le 15 mars 1979, soit moins de cinq mois après son élection. Evoquant les « nombreux documents » laissés par son prédécesseur, Benoît XVI avait expliqué, le 16 octobre 2005, que sa « mission essentielle et personnelle », face à ce « patrimoine richissime », était de « ne pas promulguer de nombreux nouveaux documents mais de faire en sorte que ces documents soient assimilés, car ils constituent un trésor très riche ». (apic/imedia/ar/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-la-premiere-encyclique-de-benoit-xvi-paraitra-le-25-janvier/