Berne: L’Entraide Protestante Suisse (EPER) à la fête
Berne, 23 janvier (Apic) La Journée Europe de l’Est de l’Entraide Protestante Suisse (EPER) s’est déroulée le 21 janvier sur le thème Pas d’avenir sans souvenirs. Plus de 300 personnes ont participé à la manifestation du 60e anniversaire de l’EPER, au Kursaal de Berne. L’oeuvre d’entraide est présente dans 50 pays dans le monde.
Ouvrant la manifestation au Kursaal de Berne dédiée aux 60 ans de cette oeuvre d’entraide, présente auprès des plus pauvres dans le monde entier, quelle que soit leur religion, le socialiste bâlois Claude Janiak, nouveau président du Conseil national, a ouvert la Journée, consacrée à l’Europe de l’Est. En présence du conseiller fédéral Moritz Leuenberger, président de la Confédération. Puis Sonja Biseko, militante des Droits de l’homme originaire de Serbie, fondatrice du Comité Helsinki de Serbie pour les Droits humains, a pris la parole. Elle a été nommée en 2005 comme l’une des « 1000 femmes pour le Prix Nobel de la Paix ».
Le conflit dans les Balkans a montré que la religion pouvait être « instrumentalisée à des fins politiques », comme Richard Friedli, professeur de science des religions à l’Université de Fribourg, l’a montré. Les ONG doivent traverser les frontières et construire des ponts », a déclaré Richard Friedli, faisant allusion à l’EPER. D’autres partenaires de l’EPER venus d’Albanie, de Roumanie, de Tchéquie, d’Azerbaïdjan, ainsi que des représentants des Roms de Serbie ont témoigné de leur travail au quotidien dans le cadre de huit ateliers. VB
Encadré
60 ans d’histoire
Le 1er janvier 1946 naissait l’Entraide Protestante Suisse sur mandat de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS). En juin 1944, l’assemblée des délégués de la FEPS décide de lancer une action de solidarité pour venir en aide aux victimes de la 2e guerre mondiale. Certaines églises cantonales lancent leurs propres actions. Ce n’est toutefois qu’à partir de la fin de la guerre qu’il a été possible de mettre sur pied une aide structurée.
De 1944 à 1954, l’EPER se profile comme l’oeuvre d’entraide des Eglises protestantes suisses sur le plan national et international. Les initiatives d’aide qui émanaient du cercle des Eglises réformées sont abandonnées au profit de cette nouvelle oeuvre d’entraide commune. De 1954 à 1960, on passe de la reconstruction de l’Europe détruite par la guerre à l’aide internationale au développement. L’EPER étend son travail d’aide d’urgence et d’aide à la reconstruction dans les pays d’outre-mer.
. En raison de sa création récente, l’EPER n’est pas liée à l’histoire missionnaire et coloniale de l’Europe. Tout semble dès lors prédestiner cette oeuvre d’entraide à un travail de coopération avec les pays du Sud. Après le grand élan des premiers projets de développement suit une phase de retrait. On prend alors conscience « qu’il ne s’agit pas uniquement de donner, mais aussi de prendre moins » (Dom Helder Camara, archevêque d’Olinda et de Recife, Brésil). Les Eglises et les oeuvres d’entraide relaient les revendications en provenance des pays d’outre-mer.
De 1970 à 1979, l’EPER se lance dans l’aide en cas de catastrophe et la politique de développement. Elle organise des conférences sur la lutte contre l’oppression et le racisme. On assiste à des débats autour de la question du travail de l’EPER au Nicaragua, en Afghanistan, au Vietnam, en Afrique du Sud et dans les pays d’Europe de l’Est, ainsi qu’au sujet de son plaidoyer en faveur des réfugiés en Suisse.
Puis c’est avec la chute du Mur de Berlin. En Europe de l’Est, des oeuvres d’entraide des Eglises mettent sur pied des activités de diaconie et de développement.
De 1997 à aujourd’hui, on assiste à une nouvelle direction dans le travail en Suisse et au poids toujours plus important de l’aide d’urgence. L’EPER offre un soutien aux victimes et aux réfugiés de la guerre du Kosovo sur place et en Suisse. Toutefois, l’aide aux réfugiés est suspendue, étant donné que le mandat fédéral de l’EPER prend fin. Le travail en Suisse s’oriente désormais plus largement vers les personnes migrantes. L’EPER doit de plus en plus souvent fournir une aide d’urgence suite à des catastrophes naturelles ou à des conflits. L’EPER collabore actuellement dans plus de 50 pays avec des partenaires locaux. (jb/vb)
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