Berne-Jura-Soleure: Les Eglises réformées préparent l’Année des Mennonites
Berne, 23 janvier 2006 (Apic) Les préparatifs vont bon train pour l’année 2007, «Année des Mennonites» qui concernera aussi le Jura. Dans le cadre des thématiques régionales, 2007 sera «l’Année des Mennonites». A Langnau le 17 janvier dernier, près de 150 personnes représentant les différentes régions du canton de Berne se sont retrouvées pour une réunion préparatoire.
«La réconciliation : telle est la voie sur laquelle nous devons nous engager». Cette citation de Kofi Annan était au coeur de l’intervention que Samuel Lutz, président du Conseil synodal des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure , a prononcée lors de la manifestation préparatoire à " 2007, Année des Mennonites». Lors de cette réunion, qui a pris place le 17 janvier dernier à Langnau, il a souligné la grande importance du dialogue entre réformés et mennonites (anabaptistes).
En 1988 déjà, année de commémoration des 450 ans de la Dispute des Mennonites de 1538, de nombreux contacts avaient pu être noués a rappelé le président du Conseil synodal. Plus récemment, le film de Peter von Gunten, «Im Leben und über das Leben hinaus – ici-bas, au-delà» a ravivé l’intérêt pour les Mennonites et leur histoire. Le Conseil synodal s’est donc félicité de l’initiative de Peter Pfister und Fritz von Gunten de faire de 2007 une «Année des Mennonites». La direction des Eglises réformées souhaite «mieux faire connaître le passé, susciter une atmosphère d’écoute et de compréhension mutuelle et créer des passerelles solides».
Le Jura et ses mennonites
Dans l’Emmental, qui compte de nombreuses communautés mennonites, la conviction s’est progressivement imposée qu’il était temps de se pencher sur l’histoire de ce mouvement. Mais aussi sur le présent et l’avenir. Cette manifestation préparatoire a permis à des représentant-e-s de communautés mennonites du Jura, de l’Oberland bernois, de la Ville de Berne et de l’Emmental de nouer des contacts.
Les responsables de la manifestation ont donné une première vue d’ensemble des 50 projets déposés. Ainsi, l’Université de Berne proposera 13 conférences publiques entre l’automne 2006 et le printemps 2007. Parmi les autres activités, des projections cinématographiques, des conférences, des cultes communs, des sentiers thématiques à Sumiswald, Trub et dans le Jura, des expositions au musée régional de Langnau, des expositions d’art à Lützelflüh. Sans oublier un Guide sur les Mennonites avec des contributions de l’Eglise réformée et des milieux mennonites.
En juillet 2007, quatre journées à caractère international seront organisées principalement dans l’Emmental et le Jura (berceau de nombreuses communautés mennonites) et se concluront le dimanche par un culte commun à Langnau. Un comité de patronage composé de personnalités de l’Eglise, de l’Etat, de la politique et de la culture au sein duquel siègent les ambassades des Etats-Unis et des Pays-Bas, assurera le rayonnement souhaité. L’inauguration officielle aura lieu le samedi 24 mars 2007 à Langnau. VB.
Encadré:
Considérés comme subversifs
Les communautés évangéliques mennonites tirent leur origine du mouvement anabaptiste du 16e siècle. Quelques collaborateurs de Zwingli, plus radicaux que le réformateur de Zurich, revendiquèrent et s’appliquèrent à former une Eglise indépendante de l’Etat. Etaient membres de cette Eglise, tous ceux qui, s’étant tournés vers Jésus-Christ, y adhéraient volontairement au travers du baptême et suivaient le Christ selon les principes et les valeurs enseignés par la Bible, particulièrement la non-violence et une authentique relation communautaire.
Le mouvement connut une croissance rapide. Interdits et persécutés, les anabaptistes se répandirent dans toute l’Europe, formant différents courants : ici plutôt bibliciste, là pratiquant là communauté de biens (Moravie, Houterriens), ailleurs spiritualiste, voire même violent (Munster, Allemagne). Aux Pays-Bas, on donna le nom de Mennonites à l’aile pacifiste, d’après Menno Simons, un de leurs conducteurs.
Durant des siècles, les anabaptistes ont été considérés comme des subversifs et exécutés parce qu’ils rejetaient le service militaire et exigeaient la stricte séparation entre l’Eglise et l’Etat; ils refusaient le baptême des enfants pour pratiquer le baptême des adultes (par immersion) instruits dans la foi.
Pour le gouvernement bernois du début du 16ème siècle, ces règles éthiques n’étaient pas acceptables. De nombreux anabaptistes fuirent l’Emmental et les régions des préalpes bernoises pour se réfugier dans le Jura, en Alsace et en Amérique. Sur les hauts plateaux du Jura, ils furent tolérés par le Prince-Evêque de Bâle moyennant l’établissement à une altitude supérieure à 1’000 mètres. Ce n’est qu’en 1874, date à laquelle la liberté de conscience fut inscrite dans la Constitution que les Anabaptistes ont pu se réunir librement. Ils sont reconnus comme Eglise libre.
Aujourd’hui, le territoire de l’Eglise bernoise compte 10 communautés anabaptistes rassemblant 1800 membres. La communauté mennonite compte près d’un million des membres répartis dans 60 pays de cinq continents. www.emmental.ch/taeuferjahr07. www.meno.ch. (apic/com/menno/ag/vb)
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