La RDC a vécu «au rythme des conflits meurtriers»
Rome, 27 janvier 2006 (Apic) Rappelant que la République démocratique du Congo (RDC) a vécu ces dernières années «au rythme des conflits meurtriers», Benoît XVI a appelé les évêques du pays à demeurer vigilants dans l’accompagnement des progrès politiques en cours dans le pays. Le pape s’adressait, le 27 janvier, à la trentaine d’évêques congolais en visite Ad limina.
«Ces conflits meurtriers laissent de profondes cicatrices dans la mémoire des peuples», a affirmé le pape. «Au cours de cette tragédie, qui a touché en particulier l’est de votre pays, vous avez eu le souci de dénoncer, par de vigoureux messages, les exactions en cours», a-t-il poursuivi, appelant «les acteurs locaux à faire preuve de responsabilité et de courage, pour que les populations vivent dans la paix et la sécurité».
«J’encourage la Conférence épiscopale, dans un travail concerté et audacieux, à demeurer vigilante pour accompagner les progrès en cours», a alors lancé Benoît XVI aux évêques congolais. Benoît XVI a aussi fait part de sa proximité aux catholiques de la RDC et à toutes les personnes de bonne volonté, alors qu’elles s’apprêtent «à vivre des événements importants pour l’avenir de la nation». «Qu’elles persévèrent, avec une ferme espérance, dans l’édification de la paix et de la fraternité !», a souhaité le pape.
Soulignant par ailleurs que certains diocèses de la RDC célébraient «les cent ans de leur évangélisation», le pape a demandé à chacun des évêques présents «de prendre les moyens de faire le point sur la question centrale de la proposition de l’Evangile et d’en tirer les conséquences pastorales pour la vie des communautés locales». Ainsi, «la reconstruction morale, spirituelle et matérielle» unira les communautés.
Les communautés ecclésiales, remparts contre les sectes
Evoquant le développement important au Congo «des communautés ecclésiales vivantes», Benoît XVI a encore expliqué qu’elles constituaient «un précieux rempart contre l’offensive des sectes, qui exploitent la crédulité des fidèles en leur proposant une fausse vision du salut et de l’Evangile et une morale accommodante». Dans cette perspective, il a encouragé les évêques «à veiller avec une attention extrême à la qualité de formation permanente des responsables de ces communautés». Il a aussi insisté pour que ces communautés soient «vraiment missionnaires».
Par ailleurs, le pape a invité les évêques à la charité, à l’humilité et à la simplicité de vie afin qu’ils soient pour leurs prêtres et leurs fidèles «un témoignage stimulant, pour que tous progressent en vérité sur le chemin de la sainteté». Il leur a aussi demandé de manifester leur proximité aux prêtres, qui exercent leur mission souvent «dans des conditions difficiles», qualifiant leur service «d’héroïque».
Attention à la vie spirituelle et morale des prêtres
«Il vous revient aussi d’exhorter vos prêtres à l’excellence dans la vie spirituelle et morale, a poursuivi le pape, leur rappelant en particulier le lien unique qui associe le prêtre au Christ, dont le célibat sacerdotal, vécu dans la chasteté parfaite, manifeste la profondeur et le caractère vital». Enfin, Benoît XVI a exhorté les évêques à «porter une attention soutenue à la qualité de la formation des futurs prêtres». «Il importe que l’Eglise exerce toujours davantage sa grave responsabilité dans l’accompagnement et dans le discernement des vocations particulières» et «cela vaut en particulier «pour le choix des formateurs».
Le cardinal Ratzinger s’était rendu autrefois au Congo en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. AR
Encadré:
Près de quatre millions de morts durant les conflits
Située en Afrique centrale, la RDC, encore appelée Congo-Kinshasa, du nom de sa capitale, correspond à l’ancien Zaïre (1971 à 1997), autrefois colonie belge. Elle est peuplée de 58 millions d’habitants qui ont pour langue officielle le français.
Après dix ans de conflits, la RDC connaît depuis 2003 une transition politique délicate. Une nouvelle constitution a été approuvée début janvier 2006 permettant l’organisation prochaine d’élections présidentielle et générales en mars prochain. Ce vote était considéré comme crucial pour le retour à la paix dans un pays dévasté par les conflits sanglants qui ont fait, selon certaines estimations, quatre millions de morts depuis l’époque de Mobutu Sese Seko, chassé du pouvoir en 1997.
(apic/imedia/ar/bb)
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