Le pape propose une réflexion sur le développement

Rome: Message de carême de Benoît XVI

Rome, 31 janvier 2006 (Apic) Dans son Message pour le carême 2006, Benoît XVI aborde la question « très débattue » du développement. Il propose une réflexion à partir du verset évangélique « Jésus, voyant les foules, en eut pitié » (Matthieu 9,36).

Le texte, signé par le pape le 29 septembre 2005, a été rendu public le 31 janvier 2006 par la Salle de presse du Saint-Siège mais avait été déjà publié courant janvier par la Librairie éditrice vaticane.

« Aujourd’hui aussi, le Seigneur écoute le cri des multitudes affamées de joie, de paix, d’amour », écrit Benoît XVI dans son message pour le carême. Pour lui, même dans la désolation de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim qui touchent sans distinction personnes âgées, adultes et enfants, « Dieu ne permet pas que l’obscurité de l’horreur fasse loi ».

« Dieu ne permet pas que l’obscurité de l’horreur fasse loi »

C’est dans cette perspective que le pape a voulu mettre au début de son Message l’annotation évangélique selon laquelle, « Jésus, voyant les foules, en eut pitié’ (Mt 9,36) ». Benoît XVI Ce dernier précise qu’il a ainsi souhaité réfléchir, dans cet esprit, « sur une question très débattue par nos contemporains », celle du « développement ».

« L’Eglise sait que, pour promouvoir un développement intégral, il est nécessaire que notre ’regard’ sur l’homme se mesure à celui du Christ », a alors rappelé le pape. A ses yeux, il n’est pas possible de séparer la réponse aux besoins matériels et sociaux des hommes de la satisfaction des profondes nécessités de leur coeur. Le premier apport que l’Eglise offre au développement de l’homme et des peuples ne se concrétise pas dans des moyens matériels ou dans des solutions techniques, a-t-il aussi souligné, « mais dans l’annonce de la vérité du Christ qui éduque les consciences et enseigne l’authentique dignité de la personne et du travail, promouvant la formation d’une culture qui réponde vraiment à toutes les demandes de l’homme ».

Il a souligné alors le « contraste intolérable avec le regard’ du Christ » que représentent les terribles défis de la pauvreté d’une grande partie de l’humanité, l’indifférence et la fermeture sur son propre égoïsme. Pour lui, le jeûne et l’aumône que l’Eglise propose, de façon particulière pendant le carême, avec la prière, sont une occasion propice pour se conformer à ce regard.

A une époque d’interdépendance globale, « on peut constater qu’aucun projet économique, social ou politique ne remplace ce don de soi à l’autre dans lequel s’exprime la charité », a alors soutenu le pape, en reprenant le thème et l’esprit de sa 1ère encyclique, « Deus caritas est ».

Grâce aux croyants, on trouve de nombreux types d’oeuvres de charité dans l’Eglise visant à promouvoir le développement, a-t-il illustré, mentionnant les hôpitaux, les universités, les écoles de formation professionnelle et les micro-entreprises.

Et de rappeler que ce sont des initiatives qui, bien avant les autres expressions de la société civile, ont prouvé la sincère préoccupation pour l’homme venant des personnes poussées par le message évangélique. « Ces oeuvres indiquent une route pour conduire encore aujourd’hui le monde vers une globalisation qui ait à son centre le vrai bien de l’homme et qui conduit ainsi à la paix authentique », a-t-il encore estimé.

Appel à la responsabilité des décideurs politiques et économiques

« L’Eglise sent aujourd’hui aussi comme propre tâche celle de demander à ceux qui ont des responsabilités politiques et qui ont entre les mains les leviers du pouvoir économique et financier de promouvoir un développement basé sur le respect de la dignité de chaque homme », a alors exigé Benoît XVI. Pour lui, une vérification importante de cet effort sera la liberté religieuse effective, pas simplement considérée comme possibilité d’annoncer et de célébrer le Christ, mais aussi de contribuer à l’édification d’un monde animé par la charité.

Les chrétiens ont aussi commis des erreurs dans l’histoire

Le pape a alors reconnu que les chrétiens ont aussi commis des erreurs dans l’histoire. Il a ainsi rappelé que, souvent, leur tentation avait été de retenir que, devant les urgences pressantes, il fallait en premier lieu changer les structures extérieures. Avec comme conséquence, pour certains, de transformer le christianisme en moralisme « et de substituer le croire par le faire », a-t-il regretté. Devant ce constat, Benoît XVI a appelé les croyants à la conversion. « Le carême est le temps privilégié du pèlerinage intérieur vers Celui qui est la source de la miséricorde », a-t-il souligné.

Le carême, période de quarante jours précédant Pâques, la fête de la Résurrection du Christ, commence le mercredi des cendres. Cette année, il s’ouvrira le 1er mars et prendra fin le 16 avril. A cette occasion, le pape propose un Message de réflexion et de méditation aux catholiques du monde entier. (apic/imedia/ar/be)

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