L’interdiction de 1930: une violation de la liberté religieuse ?

Grande-Bretagne: Hindous et Sikhs veulent brûler leurs morts à l’air libre

Londres, 2 février 2006 (Apic) Des religieux hindous et sikhs britanniques demandent de pouvoir à nouveau brûler leurs morts sur des bûchers à l’air libre en Grande-Bretagne. Cette pratique religieuse est interdite dans le pays depuis 1930. Ils veulent porter l’affaire devant les tribunaux, estimant que cette interdiction viole leur liberté religieuse.

Des représentants des deux groupes religieux estiment que cette interdiction de la crémation à ciel ouvert est une violation de leurs droits religieux. Selon le quotidien britannique «The Times» de mercredi, la Société pour l’amitié anglo-asiatique menace de porter plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme. Mais elle désire d’abord utiliser la voie juridique britannique.

La Société pour l’amitié anglo-asiatique s’est approché des autorités locales pour trouver un terrain où pratiquer des cérémonies de crémation à l’air libre. L’ONG présidée par Davendar Ghai, qui compte 2’000 membres, affirme avoir cherché des sites convenables dans tout le pays, en commençant par un emplacement près de Newcastle upon Tyne. Elle assure que son projet sera conforme à toutes les exigences en matière d’aménagement du territoire et de protection de l’environnement.

Davendar Ghai affirme que la crémation en plein air est considérée comme essentielle pour le processus de réincarnation, «un fondement de notre foi». Le président de la Société pour l’amitié anglo-asiatique affirme que nombreux sont les Hindous et les Sikhs qui sont offensés par le fait de n’avoir aucune autre alternative que les crématoriums conventionnels fonctionnant au gaz. Il affirme que les parents des personnes décédées choisissent souvent l’option très coûteuse d’un rapatriement du corps en Inde pour éviter les «conséquences catastrophiques pour l’âme du défunt» qu’aurait le non respect des rites.

70% des morts sont incinérés

Notons que sur les 600’000 personnes qui meurent chaque année en Grande-Bretagne, 70% sont incinérées, rappelle «The Times». Le judaïsme, l’islam et l’orthodoxie réprouvent cette pratique car elle porte atteinte à l’intégrité du corps, les hindous et les bouddhistes la pratiquent couramment.

La crémation existe dès les temps préhistoriques, notamment dans les civilisations finno-scandinaves, babyloniennes, d’Asie du Sud Est, Amérique, d’une partie de l’Europe. On la trouve chez les Etrusques, les Germains, les Celtes, les Romains. Ce n’est qu’après que le Concile de Vatican II eut levé l’interdiction de la crémation, que celle-ci prit un essor considérable en dépassant même largement, dans un pays comme la Suisse, le nombre des inhumations.

En France, pays de tradition catholique, l’Eglise a interdit en 1886 la crémation et privé ainsi de sépulture chrétienne ceux qui se faisaient incinérer. Depuis le Concile Vatican II, la crémation est finalement tolérée sous réserve que ce choix ne soit pas une décision contre la doctrine chrétienne et ne soit pas non plus une remise en cause de la résurrection de la chair. En France, le taux de personnes incinérées est passé de 0,4% en 1975 à 20% en 2002. L’inhumation, qui succède aux obsèques, est encore largement dominante dans le choix du rite funéraire, marqué dans la société française par l’héritage judéo-chrétien. (apic/times/com/be)

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