Fribourg: Quelque 200 religieux et religieuses à la Journée diocésaine de la Vie consacrée

« Sais-tu que Dieu t’aime, sais-tu que tu es le préféré de Dieu ? »

Jacques Berset, Apic

Fribourg, 2 février 2006 (Apic) Quelque 200 religieux, religieuses et laïcs consacrés ont participé jeudi à la Journée diocésaine de la Vie consacrée dans les locaux de la paroisse du Christ-Roi, à Fribourg. Cette année, l’évêque diocésain, Mgr Bernard Genoud, avait tenu à associer les religieuses et religieux de tout le diocèse, car cette année est justement celle qui veut mettre à l’honneur la vie consacrée.

Même si la grande majorité venait du canton de Fribourg, un certain nombre de participants avaient fait le déplacement de Neuchâtel, de Lausanne ou de Genève. Ce premier événement de l’ »Année des vocations en Eglise 2006″ a été préparé par Soeur Anne-Thérèse Wyssmüller, présidente sortante du Bureau des religieuses (BRCF), et le Frère Jean-Paul Federneder, religieux marianiste, responsable de la Fédération des communautés religieuses masculines (FECOREMA), deux organisations regroupant les religieuses et religieux du canton de Fribourg.

En introduction, Soeur Anne-Thérèse a invité les participants à faire connaître leurs expériences et à faire « partager la couleur évangélique de nos diverses communautés ». Pour préparer la journée de la Vie consacrée 2006, les organisateurs avaient en effet demandé aux congrégations religieuses du diocèse de répondre à la question suivante: « Quelle couleur donnez-vous à votre passion pour le Christ et pour l’humanité? »

Saluant la variété des couleurs qui panachent le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Soeur Anne-Thérèse a toutefois reconnu que ces dernières années, au vu du vieillissement des communautés, plusieurs congrégations ont dû renoncer à certaines activités ou abandonner un lieu de vie communautaire.

« A nos yeux humains, nous vivons de toute évidence un hiver trop prolongé »

« Notre vaste diocèse bénéficie de tant de ces couleurs, même si aujourd’hui elles disparaissent un peu comme derrière un épais brouillard. », a-t-elle lancé, en soulignant qu’elles n’en sont pas moins vives et vivantes. « A nos yeux humains, nous vivons de toute évidence un hiver trop prolongé, mais il faut sans doute ce long terme d’enfouissement pour permettre à de nouvelles pousses de développer de solides racines! »

Les organisateurs avaient retenu cette année le thème du Congrès international de la Vie Consacrée organisé à Rome par l’Union des supérieur(e)s majeur(e)s, à savoir « Passion pour le Christ, passion pour l’humanité ». Chaque congrégation étant invitée à communiquer ses réflexions sur le thème, les religieuses (en grande majorité) et les religieux ont tour à tour fait connaître la couleur qu’ils donnent à cette passion.

La 1ère réponse a été celle des religieux marianistes: « Bâtir une Eglise mariale. une Eglise qui connaît les doutes, les inquiétudes, la nuit, la solitude, mais conserve et médite en son coeur toutes les paroles entendues, tous les gestes vus, tous les événements apparus.Elle écoute et ne fait la leçon à personne ». Filles de la Charité – Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul, Soeurs de Charité de la Sainte-Croix (Soeurs d’Ingenbohl), Soeurs de la Ste-Croix de Menzingen, frères-évangélisateurs de la MOPP, la Mission ouvrière saints Pierre et Paul, Soeurs de Saint-Paul, ont peint un véritable arc-en-ciel.

Plusieurs congrégations missionnaires ont parlé de leur spiritualité, de leur passion pour les petits, les pauvres, les abandonnés, de leur travail auprès des enfants des rues, des pygmées, des malades du sida.

D’autres comme les Soeurs de Saint-Paul, ont évoqué leur charisme de la presse, ou comme la MOPP, leur présence dans les villes de Tokyo, Paris, Berlin, Moscou, Curitiba, Montréal, Toulouse, Troyes, Lourdes et Fribourg, où les frères travaillent comme salariés, vivant de leurs mains en milieu populaire.

Avant de présider l’eucharistie, Mgr Bernard Genoud, a lui aussi partagé avec les participants sa passion pour le Christ et pour l’humanité. « Cela vaut la peine d’offrir notre vie au Christ, a-t-il lancé, pour dire aux autres: sais-tu que Dieu t’aime, sais-tu que tu es le préféré de Dieu, sous les haillons de tes misères, qui que tu sois, tu es un prince, une princesse ? ». JB

Encadré

Repartir du Christ, dans une nouvelle spiritualité de communion

Le Père Jean-Claude Pariat a participé au Congrès international de la Vie Consacrée (Rome, novembre 2004) (*). Redonnant quelques unes des impulsions de cette rencontre qui a rassemblé 859 religieux et religieuses du monde entier, le missionnaire spiritain a certes constaté un véritable « émondage » de la famille chrétienne depuis près de 40 ans en Europe et en Amérique du Nord. On en arrive quasiment à une « amnésie totale ou partielle de Dieu ».

Mais pour lui, pas question de baisser les bras, même si nombre de congrégations religieuses semblent dans une situation de totale précarité: les sécurités antérieures disparaissent, les oeuvres construites par les congrégations religieuses ont été reprises par les pouvoirs publics (hôpitaux, écoles, services caritatifs), le personnel religieux vieillit. « La mission a été accomplie, tout ce qui a été fait n’est pas stérile, mais porte des fruits là où l’on s’y attend le moins ». Pour le religieux spiritain, ce sont avant tout des défis à relever, dans une dynamique d’espérance. « Il faut repartir du Christ, retourner au Christ, aller au-delà de nos charismes fondateurs », a-t-il lancé en plaidant pour une nouvelle spiritualité de communion. JB

(*) Les textes sont disponibles dans l’ouvrage: Congrès international de la Vie Consacrée – « Passion pour le Christ, passion pour l’humanité », Bayard, Paris, 2005) (apic/be)

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