Caricatures de Mahomet
Rome, 3 février 2006 (Apic) Caricatures de Mahomet: le cardinal Achille Silvestrini a réagi après l’acharnements mis par les médias européens à publier les caricatures, pour dire son refus de la satire des symboles religieux.
« La culture occidentale doit trouver une limite à sa prétention de faire de la liberté un absolu ». C’est le commentaire du cardinal Achille Silvestrini, 82 ans, sur le ’scandale’ des caricatures de Mahomet publiées au Danemark et en France. Dans le quotidien italien « Il Corriere della Sera », le 3 février 2006, le préfet émérite de la Congrégation pour les Eglises orientales a aussi estimé que « l’Europe devrait se rebeller à l’idée et contre la pratique de railler les symboles religieux ». Le Saint-Siège n’a pas encore pris officiellement position dans cette affaire.
Le cardinal Silvestrini, a affirmé que « la liberté est une grande valeur mais doit être partagée, pas unilatérale ». « La liberté de se moquer, a-t-il encore souligné, qui offense les sentiments d’autrui et qui touche directement le sentiment de peuples entiers, touchés dans leurs symboles suprêmes, devient de la prévarication ».
« On peut comprendre la caricature des prêtres, mais pas de Dieu », a ajouté le cardinal italien. Il a ainsi exclu Dieu de la satire car « il n’est pas à notre portée ». « Si la satire offense, diffame, calomnie des citoyens, ceux-ci ont la possibilité de recourir à la justice. Mais si les offenses prennent en ligne de mire Dieu et Allah, l’Evangile et le Coran, de quelle façon peuvent-ils se défendre ? » s’est interrogé le préfet émérite.
« La laïcité, a conclu le cardinal, suppose d’abord le respect. Par ailleurs, les défenseurs les plus stricts de la laïcité affirment que l’offense au drapeau national est inadmissible. Ne pourrait-on pas considérer les symboles religieux comme les symboles des institutions laïques ? »
En France, Mgr Dubost, un représentant du monde musulman et le grand rabbin de Paris ont unanimement condamné ces publications et l’acharnement de la presse à vouloir attiser les haines.
Pour Mohamed Bechari, président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), « tout musulman est devenu une bombe aux yeux de l’opinion publique » après la publication de caricatures du prophète Mahomet, « maintenant que notre prophète a été représenté comme un terroriste ». Nous sommes très attachés à la liberté de la presse, mais ne pouvons admettre qu’au nom de cette liberté 1,5 milliard de musulmans soient insultés », a assuré M. Bechari dans une déclaration faite à l’Agence France presse.
Une autre forme de colonialisme
De Jérusalem à Djakarta, partout dans le monde musulman la colère monte, alors que le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen refuse encore et toujours de présenter des excuses pour le journal « libre et indépendant » qui a publié au Danemark les caricatures controversées du prophète Mahomet.
Selon un musulman établi à Genève depuis plus de 20 ans, désireux de garder l’anonymat, la presse européenne, en prônant la liberté de la presse à tout prix, y compris au mépris du respect de l’autre, semble ignorer les réalités culturelles qui règnent ailleurs partout dans le monde, ainsi que les sensibilités qu’elle foule aux pieds: « Je ne vois pas là autre chose qu’une forme de colonialisme d’une Europe qui se prend pour le nombril du monde, alors même que la France en est toujours à se demander si ce même colonialisme à eu plus d’inconvénients que de bienfaits ». Pour lui, on voudrait en découdre une fois pour toute avec l’islam qu’on ne s’y prendrait pas autrement ». (apic/ag/imedia/hy/pr)
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