Rome: Caricatures de Mahomet, le président du Conseil pour le dialogue interreligieux réagit
Rome, 6 février 2006 (Apic) Alors que, dans les pays arabo-musulmans, la colère ne semble pas s’apaiser après la publication dans des journaux occidentaux de caricatures du prophète Mahomet, Mgr Michael Fitzgerald a invité chrétiens et musulmans à «calmer les esprits.
Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, interrogé lundi 6 février l’agence I.MEDIA à Rome, a dit son espoir que la réaction du monde musulman et l’assassinat, la veille, en Turquie, d’un prêtre italien, seraient «l’occasion d’une réflexion sérieuse sur le respect dû aux valeurs religieuses dans toutes les sociétés».
Devoir de respect des valeurs religieuses dans toutes les sociétés
«Nous avons tous la responsabilité de ne pas augmenter la tension et de calmer les esprits des deux côtés», a ainsi déclaré Mgr Michael Fitzgerald, en souhaitant que son dicastère «travaille dans cette direction».
Il s’agit de parler avec les partenaires musulmans «pour voir, avec eux, ce que l’on peut faire», a déclaré le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il n’exclut pas la possibilité d’avoir un geste commun avec les musulmans, car «ce n’est pas seulement de notre côté que l’on peut faire quelque chose, mais c’est ensemble qu’il faut agir».
Mgr Fitzgerald dit avoir compris la peine «de nos frères et soeurs de l’islam» tout en soutenant que l’exercice de la liberté d’expression doit être utilisé avec responsabilité. «Cela a manqué» dans cette affaire qui a débuté dans un quotidien danois fin septembre 2005. «Les croyances et les symboles des religions sont dignes de respect, il faut respecter aussi la sensibilité des personnes vis-à-vis de la religion», a ajouté Mgr Fitzgerald.
Réaction du monde musulman disproportionnée
A la question de savoir si la réaction du monde musulman n’était pas disproportionnée, l’archevêque britannique en poste à Rome a répondu par l’affirmative. Il a aussi rappelé que des musulmans eux-mêmes avaient déclaré que «lorsque le prophète de l’islam avait été insulté, il n’avait pas réagi de cette façon-là».
Au lendemain de l’assassinat d’un prêtre italien en Turquie, pour des motifs non encore élucidés, Mgr Michael Fitzgerald espère que ces «incidents pénibles» seront l’occasion d’une réflexion sérieuse sur le respect dû aux valeurs religieuses dans toutes les sociétés. «J’ai connu personnellement Andrea Santoro avant qu’il n’aille en Turquie, lorsqu’il était curé de paroisse à Rome. C’est quelqu’un qui voulait vraiment la compréhension entre chrétiens et musulmans, et c’est pour cette raison qu’il est allé travailler en Turquie», a conclu le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Un prêtre qui prônait le dialogue a été assassiné
En fin d’après-midi, le dimanche 5 février 2006, le Père Andrea Santoro, 61 ans, originaire de Piverno près de Rome, a été tué à la porte de son église après avoir célébré la messe. Touché par deux balles, il a été mortellement blessé par un homme qui a pris la fuite. Cet assassinat intervient sur fond de climat de colère du monde musulman contre l’Occident après la publication de caricatures du prophète Mahomet dans des journaux européens. Au lendemain de ce crime, les autorités catholiques en Turquie évoquent aussi la possibilité d’un acte de la mafia de la prostitution, vu que le Père Santoro tentait de lutter contre ce fléau. (apic/imedia/ami/be)
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