Elie Koma a été assassiné le 4 février par de rebelles hutus du FNL

Rome: Le pape souhaite que la mort du jésuite burundais enraye la violence au Burundi

Rome, 7 février 2006 (Apic) Benoît XVI a souhaité que la mort, le 4 février 2006, du jésuite burundais Elie Koma pousse « ceux qui commettent des actes de violence à renoncer définitivement à cette oeuvre de mort ».

Après l’assassinat du père jésuite burundais Elie Koma, tué par un groupe de rebelles burundais près de la capitale, le 4 février, le pape a transmis au nonce apostolique au Burundi, Mgr Paul Gallagher, ses condoléances, par la plume du cardinal secrétaire d’Etat, Angelo Sodano.

« Informé de la mort tragique du père Elie Koma, le saint-Père m’a chargé d’exprimer à tous les membres de sa famille et à ses frères jésuites sa profonde sympathie », a ainsi écrit le 7 février 2006 le cardinal Angelo Sodano. Benoît XVI, qui « rend grâce pour l’oeuvre accomplie par le père Koma », exhorte, dans le télégramme, « ceux qui commettent encore des actes de violence à renoncer définitivement à cette oeuvre de mort ».

Le père burundais Elie Koma, âgé de 59 ans, enseignait au Lycée du Saint-Esprit à Bujumbura. Il avait auparavant dirigé le Centre spirituel de la ville, confié aux jésuites. Entré dans la Compagnie de Jésus en 1967, il avait été ordonné prêtre par Jean Paul II, en 1980.

Le témoignage d’un prêtre sur place

Interrogé par le partenaire de l’agence Apic, I.MEDIA, à Rome, l’actuel directeur du Centre spirituel de Bujumbura, le père Guillaume Ndayishimiye, a expliqué que le père Elie Koma avait été tué dans la soirée du 4 février 2006 « par un groupe de rebelles des Forces nationales de libération (FNL) dans le quartier périphérique de Kanyosha, au sud de Bujumbura ». Le prêtre avait célébré deux messes en début d’après-midi, « l’une pour des religieuses et l’autre pour un groupe du mouvement sacerdotal marial », puis s’était rendu « chez sa soeur pour une fête de famille, entouré de ses neveux et nièces ».

Après cette fête, « il avait raccompagné l’épouse d’un neveu et son bébé » dans le quartier sud, a encore expliqué le père Ndayishimiye, et « à son retour, un groupe de rebelles a tenté d’arrêter sa voiture et tiré deux balles dans les pneus ». Une fois la voiture du jésuite immobilisée, un rebelle aurait « tiré cinq balles à travers la vitre arrière », tuant le prêtre sur le coup.

Selon le père Guillaume Ndayishimiye et la presse locale, les rebelles hutus du FNL étaient en fuite après avoir tué par balles un porte-parole des Forces de défense nationale (FDN), le major Edmond Ruguraguza et son épouse, dans un bistrot de Kanyosha.

La guerre civile au Burundi oppose depuis 1993 les rebelles hutus à l’armée, dirigée par la minorité tutsie. Plus de 300 000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en dix ans de conflit, selon l’Onu. (apic/imedia/ami/vb)

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