Une enquête masquée au confessionnal de l’abbaye d’Einsiedeln
Interlaken, 7 février 2006 (Apic) Au début mai 2005, l’hebdomadaire alémanique «Facts» a publié un reportage effectué par une journaliste au confessionnal de l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln. Cette «recherche masquée» a provoquée une plainte de l’Abbé Martin Werlen, qui a été partiellement admise par le Conseil suisse de la presse, une fondation présidée par le journaliste tessinois Enrico Morresi, et dont le siège est à Interlaken, dans l’Oberland bernois.
Aucun thème d’importance sur le plan social, «même le sacrement religieux de la confession», n’est à exclure d’emblée du champ des comptes rendus, estime le Conseil de la presse.
Comme dans le cas de certaines réalités économiques, il peut arriver que des thématiques spirituelles ne puissent être entièrement appréhendées sans le recours à une recherche sous couverture, poursuit la Fondation, qui fonctionne comme instance de plainte pour des questions relevant de l’éthique des médias.
En mai dernier, «Facts» a publié un reportage effectué «sous couverture» par une journaliste relatant sa confession à l’abbaye d’Einsiedeln. L’Abbé Martin Werlen s’est plaint au Conseil de la presse, reprochant à l’auteure de l’enquête d’avoir abusé de manière déloyale du sacrement de la confession et trompé la confiance du prêtre dans le but de réunir des «faits» pour écrire une histoire.
Tromperie sur la sincérité et la confidentialité de l’entretien
«Facts» préconisait le rejet de la plainte, dénuée de fondement à ses yeux. Pour le magazine, la journaliste n’avait porté atteinte ni au sacrement de la confession, ni au secret du confessionnal. Il y avait un intérêt public à un compte rendu et les autres conditions justifiant le fait de dissimuler une recherche étaient données.
Le Conseil de la presse conclut qu’une enquête cachée est admissible aussi au confessionnal pour autant qu’il existe un intérêt public prédominant aux informations recherchées et que celles-ci ne puissent être obtenues par d’autres moyens. La possibilité d’une conversation avec un responsable officiel de l’information ne rend pas d’emblée la recherche dissimulée inutile, estime le Conseil. Dans des cas très personnels, l’expérience du vécu représente un moyen journalistique important.
Dans le cas concret cependant, le Conseil estime que l’intérêt journalistique – l’expérience subjective d’une femme citadine moderne – ne saurait prévaloir sur l’intérêt opposé du confesseur à ne pas être trompé sur la sincérité et la confidentialité de l’entretien. Le reportage de «Facts» n’avait pas, par exemple, pour objet ni de dévoiler des pratiques fautives ni de mettre le public en garde. Le Conseil suisse de la presse a ainsi partiellement admis la plainte de l’Abbé Werlen. Pour en savoir plus: http://presserat.ch (apic/be)
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