Genève: Campagne financière de l’Eglise catholique romaine de Genève

«Ce n’est pas seulement le fric pour le fric»

Gladys Théodoloz, pour l’Apic

Genève, 8 février 2006 (Apic) Pour la cinquième année consécutive, l’ECR, l’Eglise catholique romaine de Genève, va s’afficher sur les transports publics genevois. But de l’opération: interpeller les catholiques du canton, les sensibiliser aux valeurs et aux besoins de leur Eglise. Une campagne menée par des professionnels de la communication.

Le pain, le vin, l’eau, l’huile, la lumière: autant d’images tirées de la vie quotidienne pour symboliser les richesses de la foi chrétienne, qui nourrit comme le pain, rend joyeux comme le vin, vivifie comme l’eau, donne du goût comme l’huile, éclaire comme la flamme.

Ce sont ces symboles, mis en scène de façon évocatrice, que l’ECR a choisi de privilégier pour sa campagne financière 2006. Celle-ci va débuter le 20 février, avec, à la clé, quelque 180 affiches placardées sur les bus et les trams, la distribution de flyers et l’envoi gratuit d’une newsletter aux 123’000 ménages catholiques du canton.

Toutefois, cette démarche publicitaire, orchestrée par des professionnels de la communication, ne se limite pas à un simple appel de fonds, a expliqué Mgr Pierre Farine lors la présentation à la presse, mais vise un objectif pastoral. «Ce n’est pas seulement le fric pour le fric. L’Eglise a une consistance, elle existe, elle rend service, il faut que les gens le sachent», a lancé l’évêque auxiliaire à Genève.

Finances en baisse.

A Genève, a rappelé l’évêque auxiliaire, les Eglises ne reçoivent d’aide financière d’aucune sorte de la part de l’Etat, contrairement à ce qui se passe dans les autres cantons. Cela signifie que, bon an mal an, l’Eglise catholique ne peut compter que sur la générosité des fidèles pour poursuivre sa mission. Une situation précaire, donc, que reflètent bien les chiffres de l’an dernier. En 2005, le montant global de la contribution ecclésiastique a chuté de 380’000 francs par rapport à l’année précédente, rapportant 6,3 millions pour un total de charges de 8,9 millions – dont 7 millions dévolus aux salaires.

Alors que l’objectif de l’année 2005 était d’élargir le cercle des donateurs, on a constaté au contraire une diminution de celui-ci (-23%). Le déficit n’a pu être comblé que grâce à des produits extraordinaires – dons et legs – par définition aléatoires.

. Mais bilan pastoral positif

Le bilan pastoral, lui, est meilleur que le bilan financier. Le lancement de cette nouvelle campagne a été ainsi l’occasion pour Mgr Farine de rappeler qu’à travers l’engagement d’un grand nombre d’aumôniers, hommes et femmes, salariés ou bénévoles, l’Eglise est présente aux côtés de ceux qui souffrent et accompagne les isolés, dans les hôpitaux, les EMS, la prison.

Par le biais des divers organismes qu’elle finance ou subventionne, elle participe pleinement à l’action sociale (Caritas ou le CARE), se préoccupe de formation (Atelier oecuménique de Théologie) et de communication (Radio Cité, site internet de l’Eglise). Sans oublier, bien sûr, le travail des 90 prêtres et 34 agents pastoraux laïcs qui oeuvrent sur le terrain, dans les paroisses et dans les services et départements d’Eglise cantonaux comme le Service catholique de catéchèse, le Département Ouverture au Monde, la Pastorale familiale, etc. Chaque week-end, quelque 10’000 fidèles participent aux 100 messes célébrées dans le canton. «Quel groupement peut se targuer de déplacer autant de monde?», a demandé l’évêque auxiliaire.

Temps forts

A ces engagements qu’on peut qualifier d’habituels, s’ajoutent plusieurs événements ponctuels qui ont marqué la vie de l’Eglise l’an dernier. Parmi ceux-ci, la messe des Peuples, le 5 novembre, a rassemblé plus de 500 personnes de toutes origines, avec des prières et des chants en italien, espagnol, portugais, allemand, français, anglais et même. tagalog (langue des Philippines). Quant à la fête des bénévoles, le 5 décembre, elle a connu un grand succès grâce au comédien Philippe Cohen, qui a enthousiasmé les quelque 500 bénévoles présents par son improvisation sur le thème «Bénévoles en délire». Ces deux événements seront, sous une autre forme, reconduits en 2006.

Questions pour l’avenir

Quant à savoir si l’Eglise catholique genevoise collaborera un jour avec les protestants pour une campagne commune d’appel de fonds, cette question ne semble pas à l’ordre du jour, du moins pour le moment. «Nous avons fait un essai il y a une dizaine d’années, mais les sensibilités sont trop différentes, et puis il y a une disparité dans les moyens financiers», a précisé Pierre Regad, secrétaire général de l’ECR. Autre question: Pourquoi ne pas facturer les services de l’Eglise ? «Nous nous y refusons, a répondu Mgr Farine. Nous voulons maintenir la notion de service gratuit». GT/JB

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