Un «message de pardon et de paix»
Rome, 13 février 2006 (Apic) Dans une époque où l’on craint «un conflit des civilisations», l’assassinat de don Andrea Santoro a, contrairement aux attentes, fait jaillir un «message de pardon et de paix», estime l’»Osservatore romano» du 12 février.
Dans son éditorial intitulé ’Le sang de don Andrea, miracle d’amour’, Gaetano Vallini revient sur les conséquences de l’assassinat du père Santoro, prêtre italien missionnaire en Turquie. «Il y a toujours quelque chose d’extraordinaire derrière l’amour généré par un acte de haine», estime l’éditorialiste italien. La mort du prêtre ’fidei donum’ le 5 février a suscité beaucoup d’émotion en Italie. Les médias en ont donné un large écho et la basilique saint Jean de Latran était emplie de fidèles le 10 février, lors des funérailles du prêtre assassiné.
«Dans des temps dans lesquels on craint ’un conflit de civilisations’, le meurtre de don Andrea Santoro aurait pu ouvrir la route à une infinité de réactions de fermeture humainement compréhensibles», a estimé G.Vallini. «Mais à la lumière de la foi, il n’en n’a pas été ainsi». «De cette mort, aussi absurde que violente, a jailli au contraire un formidable message de pardon et de paix, a constaté le journaliste, un message dans lequel la douleur d’une perte s’est dilatée au point de se transformer en espérance».
Célébrant la messe pour la Journée mondiale des malades le 11 février dans la basilique Saint-Pierre, le cardinal vicaire de Rome Camillo Ruini a eu une intention de prière pour le père Andrea, tenant des propos similaires à ceux de l’édito sur la valeur du sacrifice de ce prêtre du diocèse de Rome. Il a alors été chaleureusement applaudi par les fidèles. «Que le Seigneur accueille l’âme de ce silencieux et courageux serviteur de l’Evangile et fasse que le sacrifice de sa vie contribue à la cause du dialogue entre les religions et à la paix entre les peuples», avait pour sa part souhaité Benoît XVI, lors de l’audience générale du 8 février dernier.
Le père du meurtrier veut se rendre en Italie
Agé de 61 ans, le père Santoro vivait en Turquie depuis cinq ans et se consacrait essentiellement à la survie de sa petite paroisse de Sainte-Marie. L’agresseur âgé de 16 ans, qui a tiré trois coups de feu, dont deux ont atteint le prêtre dans le dos, aurait crié «Allah akbar» (Dieu est plus grand) en s’enfuyant. Visiblement fragile psychiquement, l’adolescent tient un discours confus quant aux mobiles de son meurtre. Interrogé par il «Corriere della Sera» du 12 février, son père, Hikmet Akdin, a manifesté sa tristesse quant à cette «tragédie» qu’il regrette vivement. Il a aussi confié qu’il voulait se rendre en Italie pour remercier la mère de don Andrea qui a immédiatement pardonné son acte au meurtrier, malgré sa forte douleur. (apic/imedia/ar/bb)
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