Rome: Le premier ministre libanais Fouad Siniora reçu par le pape le 16 février
Rome, 15 février 2006 (Apic) Le premier ministre libanais Fouad Siniora, en poste depuis juillet 2005, sera reçu en audience par Benoît XVI au Vatican dans la matinée du 16 février. De sources diplomatiques recueillies par l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, cette rencontre prévue de longue date entend «réaffirmer l’importance que le Liban attache au Vatican» et, à l’inverse, «confirmer l’attachement du Saint-Siège» au pays du cèdre.
En visite officielle en Italie le 15 février, Fouad Siniora se rendra le lendemain matin au Vatican où il rencontrera le souverain pontife puis le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano. Le chef du gouvernement libanais, musulman sunnite âgé de 62 ans, sera accompagné de son épouse et de cinq ministres représentant chacun une confession différente: un chiite et un druze pour l’islam, un maronite, un grec catholique et un grec orthodoxe pour la religion chrétienne. En outre, Fouad Siniora devrait être accompagné de trois de ses conseillers et de l’ambassadeur du Liban auprès du Saint-Siège, le chrétien maronite Abi Assi Naji. Anglophone, Fouad Siniora ne devrait pas s’adresser au pape en français, pourtant première langue étrangère en usage au Liban.
Fouad Siniora sera reçu en audience par le pape deux jours après le premier anniversaire de l’assassinat de son prédécesseur et ami Rafic Hariri, le 14 février 2005. A l’occasion de cet anniversaire, un million de Libanais se sont rassemblés dans le centre de la capitale libanaise, Beyrouth, le 14 février 2006. Dans son édition datée du 15 février, L’Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, a consacré une «page d’approfondissement» à la situation du Liban, «à un an de l’assassinat de l’ancien premier ministre». Proche de Rafic Hariri dont il a été le conseiller puis le ministre des finances entre 1992 et 2004, Fouad Siniora avait été chargé, le 30 juin 2005, de former un gouvernement par le président Emile Lahoud.
Colère des musulmans libanais contre les caricatures
La visite du chef du gouvernement libanais se déroule sur fond de colère du monde musulman après la publication de caricatures de Mahomet en Europe. Le 5 février dernier, le consulat danois à Beyrouth a été détruit par des manifestants qui ont aussi attaqués plusieurs commerces du quartier chrétien d’Achrafieh. Fouad Siniora devrait pouvoir rassurer le pape et le Saint-Siège sur le traitement des chrétiens au Liban.
La situation au Liban, où la population est chrétienne à près de 40%, préoccupe le Saint-Siège. Depuis moins de deux mois, Benoît XVI a fait deux fois clairement référence au pays du cèdre lors d’interventions publiques. Ainsi, dans son message de Noël, le 25 décembre 2005 à midi, le pape avait prié pour la paix dans les pays en conflit, souhaitant entre autres que Dieu «donne courage aux hommes de bonne volonté qui agissent en Terre Sainte, en Iraq, au Liban, où les signes d’espérance qui, s’ils ne manquent pas, attendent d’être confirmés par des comportements inspirés par la loyauté et la sagesse». Puis, le 9 janvier 2006, devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, le souverain pontife avait évoqué le Liban «dont la population doit retrouver, également avec le soutien de la solidarité internationale, sa vocation historique en faveur de la collaboration sincère et fructueuse entre les communautés de foi différente». (apic/imedia/am/bb)
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