Katanga: 120’000 réfugiés sont privés de tout à cause des violences
Kinshasa, 19 février 2006 (Apic) Les Supérieurs des Congrégations religieuses qui oeuvrent dans le Katanga, au sud de la République Démocratique du Congo, lancent une mise en garde sur la situation dramatique dans la province congolaise. «120’000 personnes réfugiées sont privées de tout à cause des violences», dénoncent les Supérieurs des Congrégations religieuses du Katanga, dans un communiqué publié par Fides.
«Nous constatons que la situation humanitaire alarmante perdure depuis des années sans qu’il y ait une solution efficace malgré les diverses prises de position des autorités civiles et ecclésiastiques» déplorent-elles dans un communiqué.
«Les événements qui bouleversent le nord du Katanga sont connus de tous depuis la guerre de libération conduite par Laurent Desiré Kabila contre les forces de Moputu» en 1996-97, affirme le communiqué. «En effet, depuis lors, on assiste à une guerre conduite par des milices qui sèment la mort, la désolation et l’insécurité dans cette région. Cet état de choses provoque le déplacement de masses humaines innombrables qui fuient des guerres répétées et non justifiées.
D’après Anne Egerton, responsable du Bureau des Affaires Humanitaires des Nations Unies, les derniers chiffres concernant les réfugiés s’élèvent à 120’000. «Des hommes, des femmes, des anciens, et des enfants qui ne demandent rien d’autre que de retrouver la paix, passant le jour et la nuit dans la forêt, exposés à toutes les intempéries». Selon les religieuses, la situation de ces personnes s’aggrave de jour en jour à cause des maladies et de la malnutrition.
«Une bonne partie du Nord du Katanga échappe au contrôle de l’Etat, devenant un territoire privé de droit et rendant impossible l’organisation des prochaines élections dans ces parties du pays», dénonce les religieuses, qui rappellent de plus que les groupes armés, de même que les militaires de l’armée régulière «pas toujours payés et équipés pour faire leur devoir, sont non seulement pas capables de garantir la sécurité, mais encore se rendant eux-mêmes responsables de graves violences vis-à-vis des populations civiles».
Désarmement des milices
Les religieux demandent donc le désarmement des milices, dont les chefs doivent être poursuivis par la justice. Surtout, elle réclament une enquête sur la responsabilité des violences dans la région.
La voix des religieux et des religieuses s’unit donc à celle de beaucoup d’autres qui ont dénoncé la situation grave du Katanga. En particulier, les évêques du Katanga avaient dénoncé par un communiqué rendu public en novembre dernier les «violences abominables commises contre la population civile. Les témoignages des survivants et des réfugiés décrivaient de graves crimes: homicides, incendies d’habitation, séquestrations de personnes, confiscation de biens, vols, viols, y compris des cas de cannibalisme. (apic/fides/pr)
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