L’unité des chrétiens a dicté sa vie

Chambéry: Célébration oecuménique pour le 80e anniversaire de la mort de Portal

Chambéry, 20 février 2006 (Apic) Les chrétiens de toutes confessions ont rendez-vous samedi 4 mars à 18h30 à la cathédrale de Chambéry pour une célébration oecuménique destinée à marquer le 150e anniversaire de la naissance et le 80e anniversaire de la mort de Fernand Portal.

Cette célébration sera présidée par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Chambéry en présence de délégués des églises anglicanes, réformées, luthériennes et orthodoxes. Les principaux lieux où Fernand Portal a exercé son ministère seront également représentés.

« Monsieur Portal » lazariste, a consacré sa vie à l’unité des chrétiens. « Il en a découvert l’impérieuse nécessité à travers les relations amicales qu’il a nouées avec des anglicans puis dans les rencontres avec le cardinal Mercier, archevêque de Malines-Bruxelles et Dom Lambert Beauduin, bénédictin », indique lundi un communiqué.

Fortement inspiré par la spiritualité de saint Vincent de Paul, Fernand Portal a également ancré ses convictions dans l’action sociale auprès des plus pauvres, dans le bidonville parisien de Javel ou auprès des orphelines recueillies à Pugny-Chatenod (Savoie), là où il est inhumé.

En 1855 naissait à Laroque, au pied des Cévennes, Fernand Portal, fils de cordonnier. Il passe son enfance dans un climat de conflit entre les partisans convaincus de la laïcité et l’Eglise catholique romaine. Fernand a 9 ans lorsque Pie IX promulgue le Syllabus, condamnant ainsi ce qu’on appelait le modernisme.

Son caractère aventureux le poussera néanmoins à entrer dans les Ordres pour devenir missionnaire en Asie. C’est le jour de ses 19 ans, le 14 août 1874, qu’il frappe à la porte de la Congrégation de la Mission, les Lazaristes, fondée par saint Vincent de Paul. Ordonné prêtre en 1880, ses problèmes de santé l’obligent à renoncer à son projet de mission. Ses supérieurs l’envoient enseigner dans des séminaires.

En 1889 à Madère, alors qu’il remplace l’aumônier d’un hospice, il rencontre un noble anglais, Lord Halifax, venu pour soigner son fils tuberculeux. Lord Halifax est un anglican fervent du courant anglo-catholique. Les deux hommes se lient d’amitié et passent leur temps en de longues conversations.

La « Campagne anglo-romaine

De retour chez eux ils entreprennent une « Campagne anglo-romaine » dont le but est la reconnaissance par Rome des ordinations anglicanes, l’Eglise Catholique estimant qu’il y a eu une rupture dans la succession directe entre les apôtres et les évêques anglicans. Cette campagne semble pouvoir aboutir mais finalement, en 1896, la commission nommée par Léon XIII pour étudier cette question estime que les ordinations anglicanes ne sont pas valides. C’est un échec brutal pour les deux amis.

Fernand Portal et Lord Halifax vont néanmoins poursuivre leur oeuvre d’unité des Eglises avec d’autres approches.

Pendant la même période Portal rencontre madame Gallice, veuve. Ensemble ils commencent à s’occuper du bidonville parisien de Javel. Ils fondent une communauté de femmes laïques qui vivent au milieu de ces personnes plongées dans la misère et les aident à différents niveaux. Pour venir en aide aux orphelines Fernand Portal crée à Pugny-Chatenod, au-dessus d’Aix-les-Bains, un orphelinat : la maison des Corbières (aujourd’hui habitée par les Petites Soeurs de Bethléem).

En 1921 c’est le début des conversations de Malines auxquelles participent Portal. Ce sont des conversations privées, dans un salon privé, entre personnes de diverses Eglises présentes à titre privé, et le tout avec l’autorisation de Rome. Ces conversations se terminent avec la mort du cardinal Mercier et du Père Portal en 1926. Il est inhumé aux Corbières à Pugny-Chatenod. (apic/com/pr)

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