Rome : Le cardinal Angelo Sodano réclame la réciprocité entre chrétiens et musulmans
Rome, 21 février 2006 (Apic) Le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a affirmé que si les chrétiens n’ont pas « la liberté d’offenser », « les autres n’ont pas de liberté de nous détruire ».
Le ’numéro deux’ du Vatican est intervenu devant plusieurs journalistes italiens à la sortie d’une réception donnée à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, alors que la colère du monde musulman contre l’Occident, suite à la parution dans la presse occidentale de caricatures du prophète Mahomet, ne faiblit pas.
Sur fond de violences contre les chrétiens dans certains pays musulmans, le cardinal Angelo Sodano a clairement abordé la question de la réciprocité. « Si nous disons aux nôtres (les chrétiens, Ndlr) qu’il n’y a pas de liberté d’offenser, nous devons dire aux autres qu’il n’y a pas de liberté de nous détruire », a-t-il lancé.
Le cardinal Secrétaire d’Etat du Saint-Siège a estimé que l’Italie fournissait un bon exemple concernant les rapports entre Eglise et Etat. « Voici 16 ans que je viens ici comme Secrétaire d’Etat », a noté le cardinal italien, ajoutant que « depuis tout ce temps, avec les divers gouvernements et avec différentes expériences politiques, nous donnons au monde cet exemple de collaboration et de respect ». Pour autant, il a souhaité que l’Italie et l’Europe, « qui ont leur rôle à jouer », puissent « défendre la réciprocité » en matière de liberté religieuse, particulièrement « lors des négociations et des déplacements » dans les pays musulmans.
Le 18 février 2006, un prêtre catholique a été tué et plusieurs églises incendiées au cours d`une manifestation de fidèles musulmans dans deux Etats du Nigeria. «La mort de ces chrétiens nous désole», a déclaré à la presse le cardinal Sodano, avant de préciser que ces réactions violentes ne pouvaient être considérées sur le seul angle de la réciprocité. «Par notre histoire et notre Constitution nous sommes obligés de donner aux autres ce qui leur revient, même si les autres ne nous le donnent pas».
Evoquant la question de la liberté religieuse, le cardinal Sodano a estimé que la tolérance était «un concept un peu négatif», et qu’il fallait au contraire du respect dans ce domaine, souhaitant que partout l’Eglise et l’Etat travaillent ensemble.
Le cardinal Angelo Sodano participait, à Rome, à la réception traditionnelle offerte par l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège à l’occasion de l’anniversaire des traités du Latran (11 février 1929) et de l’accord de modification du concordat entre l’Italie et le Saint-Siège (18 février 1984). Outre le président de la République italienne Carlo Azeglio Ciampi, de nombreuses autorités de la péninsule participaient à cette réception à huis-clos. (apic/imedia/ami/vb)
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