Brésil : 9e Assemblée du COE : Le pire endroit pour un enfant.
Porto Alegre, Brésil, 21 février 2006 (Apic) Dans des camps sordides du nord de l’Ouganda un millier d’enfants meurent chaque semaine. Les Eglises du monde entier sont impuissantes à agir. Tel est le cri d’alarme lancé par un ancien ministre des Affaires étrangères ougandais, dans le cadre de la 9e Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE), à Porto Alegre, au Brésil.
« Aujourd’hui, le pire endroit dans le monde lorsqu’on est un enfant, c’est le Nord de l’Ouganda », a lancé Olara Otunnu, qui a été représentant spécial des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés de 1997 à 2005. «Où est l’Eglise? » a-t-il demandé lors d’une conférence de presse, à Porto Alegre, où se tient la 9e Assemblée du COE.
Le gouvernement ougandais, ainsi qu’un groupe rebelle du pays, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), sont cités dans un récent rapport des Nations Unies sur les graves violations perpétrées contre des enfants dans des situations de conflit armé, a précisé Olara Otunnu dans son allocution devant l’Assemblée.
La LRA est accusée d’avoir enlevé et enrôlé plus de 20’000 enfants comme soldats dans ce conflit qui dure depuis 20 ans. Le rapport dénonce aussi les conditions de ce que Olara Otunnu décrit comme des « camps de concentration », 200 au total, mis en place ces dix dernières années par le gouvernement ougandais pour enfermer plus de deux millions de personnes dans la zone de conflit.
La situation, estime Olara Otunnu, est « bien pire » que celle du Darfour, a’ l’Ouest du Soudan, un conflit qui aurait fait 400’000 morts et chassé 2,5 millions de personnes de leurs foyers. Mais en Ouganda, « l’Eglise, sur le plan national et international, n’a pas joué le rôle que l’on attendait d’elle », a accusé Olara Otunnu.
Il a exhorté le COE à devenir partenaire de la résolution 1612, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies à la mi-2005, établissant des normes et programmes afin de contrôler et de rapporter les cas d’abus sur des enfants par les parties engagées dans des conflits armés.
Mais, a-t-il poursuivi, « nous devrions soutenir vigoureusement les efforts des communautés locales en vue de renforcer les normes culturelles autochtones qui ont toujours assuré la protection des enfants et des femmes en temps de guerre. » Olara Otunnu dirige aujourd’hui la Fondation LBL pour les enfants, une institution indépendante visant à promouvoir le soutien aux enfants dans les communautés ravagées par la guerre. (apic/eni/vb)
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