12 ont moins de 80 ans, dont un Français

Rome: Benoît XVI créera 15 nouveaux cardinaux le 24 mars 2006

Rome, 22 février 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI créera 15 nouveaux cardinaux le 24 mars 2006, veille de la fête de l’Annonciation. C’est ce qu’il a officiellement annoncé lors de l’audience générale dans la salle Paul VI au Vatican, le 22 février 2006, fête de la Chaire de saint Pierre. Parmi eux, douze feront partie du collège électoral et trois auront plus de 80 ans.

Le pape a expliqué sa volonté de respecter le plafond des 120 électeurs fixé par Paul VI. A l’issue de l’audience générale dans la salle Paul VI, Benoît XVI, après avoir annoncé le consistoire du 24 mars et reprécisé le sens de la mission cardinalice, a donné sa liste des 15 nouveaux princes de l’Eglise.

Parmi eux, douze ont moins de 80 ans. Trois d’entre eux sont chefs de dicastères dans la curie romaine. Ainsi l’Américain Mgr William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Slovène Mgr Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et l’Italien Mgr Agostino Vallini, préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique, rejoindront prochainement le collège des électeurs.

Un nouveau cardinal parmi les électeurs est Français, Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence épiscopale de France. Les huit autres cardinaux de moins de 80 ans sont archevêques et évêque de capitales, dont la plupart sont traditionnellement considérées comme ’sièges cardinalices’.

Le «merci» du pape

Ainsi le Vénézuélien Mgr Jorge Liberato Urosa Savino, archevêque de Caracas, le Philippin Mgr Gaudencio B. Rosales, archevêque de Manille, l’Espagnol Mgr Antonio Canizares Llovera, archevêque de Tolède, le Coréen Mgr Nicolas Cheong-Jin-Suk, archevêque de Séoul, l’Américain Mgr Sean Patrick O’Malley, archevêque de Boston, le Polonais Mgr Stanislas Dziwisz, archevêque de Cracovie, l’Italien Mgr Carlo Caffarra, archevêque de Bologne et le Chinois Mgr Joseph Zen Ze-Kiun, évêque d’Hongkong, seront crées cardinaux le 24 mars.

Enfin, Benoît XVI a souhaité remercié trois ecclésiastiques de plus de 80 ans pour leur service rendu à l’Eglise en leur accordant la barrette rouge. Il s’agit de l’Italien archiprêtre de la basilique patriarcale Saint-Paul hors-les-murs, Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, de l’archevêque émérite de Tamale, au Ghana, Mgr Peter Poreku Dery, et enfin du père jésuite français Albert Vanhoye, qui a été par le passé recteur de l’Institut biblique pontifical et secrétaire de la Commission biblique pontificale.

Benoît XVI a expliqué que le consistoire se déroulerait en trois temps. Le 23 mars, le pape se réunira au Vatican avec tous les membres du collège cardinalice, c’est-à-dire les 178 cardinaux du monde entier, pour une réunion de réflexion et de prière à Rome. Le 24 mars, les nouveaux cardinaux prêteront serment et recevront la barrette rouge des mains de Benoît XVI. Enfin, le 25 mars, jour de l’Annonciation, le pape concélébrera la messe à Saint-Pierre avec les nouveaux cardinaux.

Le 22 février est une date très symbolique dans l’Eglise car, depuis la réforme du calendrier liturgique par Paul VI, c’est le jour de la fête de la Chaire de saint Pierre. L’Eglise célèbre depuis le IVe siècle le magistère suprême de Pierre, Natale Petri de Cathedra, premier pape et évêque de Rome, mais la date de cette fête n’a pas toujours été constante. La chaire est le siège réservé à l’évêque lorsqu’il préside une assemblée.

Quant à la date du 25 mars, elle est dans l’Eglise le jour de la fête de l’Annonciation. Solennité liturgique, elle rompt, comme le dimanche, le temps de pénitence du carême. Un consistoire peut donc se tenir ce jour-là. Habituellement, les cérémonies du consistoire se déroulent sur deux jours. Le 25 mars étant un samedi, il n’y aura pas de complication pour que les célébrations se poursuivent le lendemain. Le prochain consistoire prendra fin avec la messe du dimanche 26 mars. Ce 4e dimanche de carême, dimanche de Laetare ou de joie, revêt de plus depuis l’antiquité chrétienne le caractère particulier d’une pause au milieu des quarante jours de pénitence précédant Pâques. AR

9 consistoires sous Jean Paul II

Durant son pontificat, d’octobre 1978 à avril 2005, Jean Paul II avait convoqué au total 9 consistoires ordinaires publics pour la création de cardinaux. Il avait ainsi créé 231 cardinaux, dont 168 sont encore en vie, parmi lesquels 59 ont plus de 80 ans.

Dès le premier consistoire qu’il a tenu le 30 juin 1979, le pape polonais avait nommé un cardinal in pectore – littéralement, ’dans son coeur’ -, c’est-à-dire sans le citer nommément. Jean Paul II n’avait révélé le nom de ce prélat chinois, Ignatius Gong Pin-mei, que douze ans plus tard, lors du consistoire du 28 juin 1991. Avec 14 nouveaux cardinaux lors de son premier consistoire, le nombre de cardinaux électeurs était largement au-dessous de 120, limite fixée par Paul VI en 1975.

Le dernier consistoire du pontificat de Jean Paul II a eu lieu le 21 octobre 2003, veille du 25e anniversaire de son intronisation. Il créa alors 30 nouveaux cardinaux, sans compter celui in pectore dont le nom n’a jamais été révélé.

Ce consistoire, anticipé peut-être à cause de la santé défaillante du pape, porta le nombre des électeurs à 135, dépassant à nouveau la limite des 120, en atteignant ainsi le nombre du consistoire de 2001. 69 pays étaient alors représentés dans le collège cardinalice. Le nombre de cardinaux électeurs est rapidement descendu en raison de l’âge de beaucoup d’entre eux.

Aujourd’hui, le collège cardinalice compte 178 membres, dont 110 électeurs. Le 2 mars prochain, le cardinal ivoirien Bernard Agré fêtera ses 80 ans, et son collègue irlandais, Desmond Connell, fera de même le 24 mars. A cette date, le jour-même du nouveau consistoire, il ne devait plus y avoir que 108 cardinaux électeurs, âgés de moins de 80 ans. Il seront alors 120 le soir-même.

Qu’est-ce qu’un consistoire ?

Le consistoire – du bas latin consistorium, ’lieu de séjour, de réunion’ et, par conséquent ’assemblée’ – est la réunion des cardinaux convoqués par le pape, en assemblée ’ordinaire’ ou ’extraordinaire’. Le consistoire est une réunion présidée par le souverain pontife. Le consistoire ordinaire, convoqué par Benoît XVI pour le 25 mars 2006, est une réunion de l’ensemble des cardinaux pour la création de nouveaux membres du collège cardinalice. Sa tenue sera publique. Il en va de même lors des consistoires en vue de la proclamation de décrets.

Mais ce type de consistoire peut aussi être tenu à huis clos, en partie, dans le but de résoudre des questions spécifiques liées à la vie de l’Eglise.

Le cardinalat est une forme de reconnaissance du pape à une personne vivant sa foi dans une grande fidélité à l’Eglise. A l’origine, la couleur pourpre de la soutane et de la barrette (chapeau à quatre côtés) que portent les cardinaux symbolisait le martyre jusqu’auquel les cardinaux doivent être prêts. Aujourd’hui, même si cette signification a pris un sens imagé, il n’en reste pas moins que certains des cardinaux ont vécu la prison ou la persécution en raison de leur fidélité à Rome et à l’Eglise.

Habituellement, la cérémonie présidée par le pape se tient en matinée et la plupart des cardinaux de la planète y assistent. Ce 22 février 2006, Benoît XVI les a invité à venir tous à Rome.

Dans l’histoire, les origines du consistoire remontent au moins à la première moitié du IXe siècle, mais il fut réellement établi au XIe siècle. Le nombre des cardinaux a beaucoup varié au cours des siècles. Ils étaient ainsi généralement une vingtaine au Moyen-Age, puis de plus en plus nombreux aux XVe et XVIe siècles. Le pape Sixte V, en 1586, fixa leur nombre à 70, pour rappeler les 70 anciens d’Israël qui assistaient Moïse dans le gouvernement du peuple d’Israël. Ce plafond de 70 fut confirmé par le Code de droit canon de 1917, et respecté jusqu’à ce que Jean XXIII décide, le 15 décembre 1958, de le dépasser pour pouvoir nommer plus de cardinaux étrangers.

Paul VI a beaucoup contribué à l’augmentation du nombre de pays représentés dans le collège cardinalice, même si cette internationalisation progressive avait commencé déjà au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il y avait eu en effet 5 cardinaux non-Italiens pour l’élection de Pie VII en 1800, tandis qu’ils furent 25 en 1878 pour l’élection de Léon XIII, et près de 90 sur environ 115 cardinaux électeurs lors des conclaves de 1978. Depuis 1946, les Italiens ne sont donc plus majoritaires, même si l’Italie reste le pays le mieux représenté, et possède un nombre particulièrement élevé – presque une dizaine – de «sièges cardinalices», grandes villes dont les archevêques sont traditionnellement nommés cardinaux.

Paul VI fixe le nombre

C’est également Paul VI qui a décidé que le nombre maximum de cardinaux pouvant élire le pape devait être de 120, par la constitution apostolique Romano pontifice eligendo, promulguée le 1er janvier 1975. En novembre 1970 déjà, il avait établi que seuls les cardinaux de moins de 80 ans pourraient élire le pape. Jean Paul II confirma ces deux mesures dans la constitution apostolique Universi Dominici gregis, publiée le 22 février 1996 pour mettre à jour les normes concernant l’élection du prochain pape.

Depuis le XIIIe siècle par ailleurs, les cardinaux portaient un chapeau rouge, couleur qui rappelait les anciens patriciens, généraux et empereurs romains. Aujourd’hui, ils ne reçoivent plus qu’une ’barrette’ – petite toque carrée – qu’ils n’ont toutefois presque jamais l’occasion de porter.

Si la fonction la plus connue des cardinaux, qui date d’une décision du pape Nicolas II en 1059, est de se réunir pour élire le successeur du pape, ils ont aussi un rôle de conseillers du pontife dans le gouvernement de l’Eglise. Ce rôle s’exerce de manière quotidienne à travers les dicastères de la Curie romaine dont ils sont membres, et de manière plus occasionnelle lors des consistoires. (apic/imedia/ar/ami/pr)

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