L’Eglise n’appliquera pas la loi du Talion, dit Mgr Lajolo

Rome: Caricatures et violences

Rome, 22 février 2006 (Apic) Face à l’»augmentation des violences contre les chrétiens», l’Eglise n’»appliquera pas la loi du Talion», a expliqué Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Interrogé dans le quotidien italien «Corriere della sera», le 22 février 2006, Mgr Lajolo a regretté l’augmentation du sentiment de ’christianophobie’.

La déclaration de Mgr Lajolo intervient au lendemain des terribles affrontements entre chrétiens et musulmans mardi à Onitsha, dans l’Etat d’Anambra, au Nigeria, qui ont fait au moins 19 morts au sein de la communauté musulmane, des dizaines de blessés et au moins 5000 déplacés, selon des informations recueillies mercredi sur place par l’Agence France presse.

En réponse aux violences faites aux chrétiens après la publication de caricatures du prophète Mahomet en Occident, «bien sûr, nous n’aurons pas recours à la loi du Talion», a assuré Mgr Giovanni Lajolo. L’archevêque italien faisait référence au code du roi Hammourabi de Babylone (1793-1750 av JC) selon lequel la sentence doit être équivalente à l’offense, une loi souvent symbolisée par l’expression «oeil pour oeil, dent pour dent». Mais le chef de la diplomatie vaticane a prévenu que cela ne signifiait pas que le Saint-Siège était «insensible» ou demeurait «inactif face aux violences envers les chrétiens, qui ont augmenté de manière impressionnante ces dernières années, et plus encore après les caricatures irresponsables de Mahomet».

Outre «les interventions du Saint-Père», Mgr Lajolo a expliqué que, pour réagir à ces violences, il y avait aussi «les démarches discrètes de la Secrétairerie d’Etat et des représentants du pape», les nonces apostoliques. Interrogé sur les moyens d’arrêter la progression de la christianophobie dans le monde, l’archevêque italien a regretté de ne pas avoir «la recette». Il a pourtant noté que le Saint-Siège était intervenu plusieurs fois aux Nations Unies, également auprès de l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ndlr) «pour que, en plus de l’antisémitisme et l’islamophobie, une attention particulière y soit portée et que des mesures opportunes soient prises».

Prendre des mesures

Mgr Lajolo a ainsi souhaité que ces mesures soient prises «surtout dans le domaine des moyens de communication sociale et de l’éducation pour combattre l’intolérance et la discrimination à l’égard des chrétiens». Pour autant, à ses yeux, «ceux qui se disent chrétiens doivent chercher de l’être plus consciemment et avec plus de cohérence, en famille, sur le lieu de travail et en politique».

En matière de liberté religieuse, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a ensuite affirmé que «la réciprocité devait toujours être soulignée comme une exigence, tant dans les contacts politiques avec les autorités politiques des pays musulmans que, plus encore, dans les contacts culturels». Il a appelé ces Etats à respecter le droit international, en particulier «le développement social de la femme», précisant qu’il n’entendait «pas imposer les modèles occidentaux». Enfin, Mgr Giovanni Lajolo a jugé que «la volonté de l’Eglise de dialoguer avec l’Islam» ne pouvait «s’affaiblir face aux difficultés récentes», mais que «les contenus du dialogue pouvaient et devaient être continuellement perfectionnés». (apic/imedia/ami/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-caricatures-et-violences/