Fribourg: 20e édition du Festival international de films de Fribourg (FIFF) du 12 au 19 mars
Fribourg, 28 février 2006 (Apic) Alors que le Festival international de films de Fribourg fête cette année sa 20e édition, le FIFF se tourne définitivement vers le futur en innovant, notamment en faisant connaître le nouveau cinéma numérique du Sud.
Lancé pour la première fois en 1980 – il s’agissait alors de « films du tiers-monde » passés dans des arrières salles de centres paroissiaux, à une époque où ils étaient inaccessibles au grand public -, le FIFF se tient du 12 au 19 mars prochain à Fribourg. Il attire bon an mal an pas loin de 30’000 spectateurs, pour un budget qui se monte comme les années précédentes à environ 1,5 million de francs, tout en restant dans les chiffres noirs.
Mardi, au cours de la conférence de presse de lancement du Festival, Jean-François Giovannini, président du FIFF, a bien situé le sens de ce Festival: « une ouverture vers le monde, vers d’autres langues, vers d’autres perspectives et points de vue ». Et en cela, le FIFF a bien rempli son rôle. Mais l’ancien directeur suppléant de la Coopération suisse au développement (DDC) l’a constaté, la frontière la plus grande qui reste, « c’est la frontière linguistique en Suisse ».
Déborder de la Suisse francophone
Jean-François Giovannini a souligné que le FIFF ne doit pas rester un festival francophone dans un pays à près de 70% germanophone! « Nous avons décidé d’être plus présents dans toute la Suisse ». En effet, pour la 20e édition, les organisateurs ont introduit un sous-titrage en langue allemande pour tous les films en compétition, grâce au soutien de la Stanley Thomas Johnson Foundation. Il s’agit notamment de déborder de la Suisse francophone, également pour trouver des annonceurs nationaux.
Pour le président, il est évident que le FIFF ne peut être un événement commercial, et les principaux sponsors de cette édition sont comme depuis longtemps la Loterie Romande et la Confédération (DDC et Office fédéral de la culture OFC), sans compter le soutien de l’Etat de Fribourg, de la Ville de Fribourg, la Ville de Bulle, de Coriolis Promotion (l’association des communes de la région de Fribourg) et ses partenaires médias, le quotidien La Liberté, la radio suisse romande RSR La Première et la télévision suisse romane TSR. L’entreprise laitière Cremo SA soutient également le Festival, tout comme le Pourcent culturel Migros, l’Interprofession du Gruyère, Les 4 piliers de l’économie fribourgeoise, dont fait partie la Banque cantonale fribourgeoise.
Dix longs métrages (dont une première internationale et deux premières mondiales) concourent pour Le Grand Prix « Le Regard d’Or » du FIFF, d’un montant de 30’000 francs suisses (doté par l’Etat et la Ville de Fribourg), le Prix spécial du Jury de Sfr. 5000.–, offert par la Société Suisse des Auteurs (SSA) et Suissimage, ainsi que le prix Oikocrédit, décerné pour la première fois cette année.
Les autres récompenses sont le Prix du Jury FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique), qui a pour but de promouvoir le jeune cinéma; le Prix du Jury oecuménique (Sfr. 5000.– offerts par l’Action de Carême et Paix pour le Prochain); le Prix « Don Quijote » de la FICC (Fédération internationale des ciné-clubs); le Prix du mouvement des volontaires pour le développement E-CHANGER (doté de Sfr. 5’000.–) et décerné par le Jury des Jeunes, ainsi que le Prix du public du même montant offert par la Direction du développement et de la Coopération (DDC). La compétition pour le Prix du Documentaire présente neuf films (dont deux premières mondiales et trois premières européennes) qui privilégient une approche personnelle et engagée.
Le jury international est composé de la metteuse en scène et actrice suisse Meret Matter, de la productrice et réalisatrice brésilienne Paloma Rocha, du critique grec et ancien directeur du Festival de Thessalonique Michel Demopoulos, ainsi que du distributeur allemand Jochen D. Girsch et du scénariste et critique philippin José Lacaba.
Le Jury documentaire est composé uniquement de Suisses: la réalisatrice Bettina Hoffmann (TSR) et les journalistes Roger de Diesbach (La Liberté) et Patrick Ferla (RSR). Il attribuera le Prix du meilleur documentaire, doté cette année d’un montant de Sfr. 10’000.–, et offert conjointement par le quotidien La Liberté. La Télévision Suisse Romande et la Radio Suisse Romande.
Dans la compétition documentaire, on relève dans « Nogada », de Kim-Mi-re, l’esclavage insidieux et moderne qui frappe la Corée du Sud et son voisin le Japon. Pendant quinze ans, Yoshihiko Sumikawa a, dans « Taimagura Baachan », immortalisé un petit bout de femme, qui bien loin de la frénésie de Tokyo, vit les saisons. Dans « Doust », Sara Rastegar, à la recherche de ses origines iraniennes, confronte avec tendresse un berger chanteur à sa caméra. A travers le prisme du Cadi local, Christian Lelong saisit l’humanité découlant de la « Justice [coutumière] à Agadez ». Avec « Dear Father, Quiet, we’re shooting. », David Benchetrit lance vigoureusement une pierre aux politiques d’occupations et d’oppressions israéliennes, laissant la parole aux objecteurs de conscience.
Le FIFF ouvre sa 20 édition le 12 mars par le film de chinois « Ji Feng Zhong De Ma », la « saison du cheval », et se clôturera le 19 mars sur « Tokkyu Sanbyaku Mairu », 300 miles en train express (réalisé en 1928 par Genjiro Saegusa). Depuis sa création en 1980, le Festival de films de Fribourg, toujours aussi convivial, ne cache pas son côté engagé: contre toute forme de discrimination et de censure, pour le dialogue Nord-Sud, les rencontres avec les autres, la promotion de la diversité culturelle et sociale. Encore une fois, J.-F. Giovannini s’est dit confiant que ce Festival, qui présente un autre point de vue que le cinéma commercial et donne à montrer la réalité de pays qui ne participent pas à notre société industrielle, connaîtra une nouvelle fois le succès. JB
Encadré
Dix longs métrages de fiction en compétition
Dix longs métrages concourent pour le Regard d’Or (Grand Prix du Festival) et le Prix Spécial du Jury offert par SSA et Suissimage. Parmi ceux-ci, notons celui de Jocelyne Saab, qui avec « Dunia », relate le conflit d’une femme égyptienne tiraillée entre le désir d’émancipation et les carcans traditionnels. Le Chinois Liang Ying, dans sa fable universelle « Bei Ya Zi De Nan Hai » (« Ramener le père à la maison ») dépasse le clivage entre ville et campagne, tandis qu’Eric Khoo (Singapour), autour du portrait de Theresa Chan, femme sourde et aveugle, s’interroge sur la difficulté de communiquer dans « Be with me ». Quant au Guinéen Gahité Fofana, dans « Un Matin bonne heure », il interpelle les politiques européennes à partir d’un fait divers. A leurs côtés, des films en provenance de Brésil, d’Iran, de Corée du Sud, des Philippines, et de Taiwan.
Les informations sur le FIFF, ainsi que le programme sont disponibles sur le site: www.fiff.ch (apic/be)
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