Jérusalem: Bagarres entre partisans d’Irineos et ceux du nouveau patriarche Theophilos III
Jérusalem, 1er mars 2006 (Apic) La nomination du nouveau patriarche continue de diviser l’Eglise grecque-orthodoxe en Terre Sainte. Entre partisans d’Irineos, patriarche destitué, et le nouveau, Theophilos III, la « guerre » est à ce point ouverte qu’ils en sont venus aux mains la semaine dernière. Les prêtres grecs orthodoxes menant le combat à coups de poings, rapporte l’Agence oecuménique ENI.
Les tensions, qui ont éclaté au sein du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem après la mise à l’écart du patriarche Irineos, n’ont de loin pas cessé avec la nomination de son successeur. A tel point que des bagarres à coups de poings entres prêtres à propos du choix des membres du clergé chargés de présider des célébrations de l’Eglise ont éclaté.
Ainsi, la semaine dernière, l’Eglise a célébré deux cérémonies pour marquer le début d’une fête dédiée à un saint grec-orthodoxe: une procession conduite par des partisans du nouveau patriarche Theophilos III; l’autre par les partisans de son prédécesseur, Irineos.
Selon ENI, le patriarche Theophilos était si fâché de la décision de la police israélienne d’assurer également la protection de la procession religieuse d’Irineos qu’il a refusé de conduire la cérémonie officielle, laissant cette tache à son assistant.
Theophilos a qualifié la décision de la police – qui a autorisé Irineos à avoir sa propre procession dans la vieille ville de Jérusalem pour célébrer la fête du saint – d’interférence équivalent à une « extorsion et un usage inapproprié de pressions ».
« Ce qui se passe actuellement est inacceptable », a-t-il dit aux journalistes. « C’est contraire au sens commun, à l’indépendance de l’Eglise et à la tradition selon laquelle nous guidons les vies spirituelles de façon indépendante vis-à-vis de l’Etat ».
La bagarre comme seul argument?
La semaine précédente déjà, plusieurs prêtres ont été blessés et deux personnes ont été arrêtées au cours d’une bagarre qui a éclaté dans l’église Sainte-Anne entre des prêtres qui soutenaient le nouveau patriarche et des opposants.
Theophilos a été élu par le synode de l’Eglise pour remplacer Irineos, destitué après un scandale portant sur la vente et la cession de biens immobiliers de l’Eglise sans l’approbation du synode. Irineos, qui a été rétrogradé au rang de moine, a démenti toute implication.
Selon une tradition remontant à plusieurs siècles, la nomination d’un nouveau patriarche grec-orthodoxe à Jérusalem doit être approuvée par les dirigeants de Terre Sainte, dans ce cas, Israël, l’Autorité palestinienne et la Jordanie. La Cour suprême d’Israël devrait se prononcer en mars concernant une pétition demandant que Theophilos soit reconnu comme le nouveau patriarche. (apic/eni/pr)
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