Lugano: Après la rencontre entre évêques suisses et PDC

Mgr Grampa: les valeurs ne «s’effeuillent pas comme un artichaut»

Traduction: Valérie Bory, Apic, Fribourg

Lugano, 6 mars 2006 (Apic) «Il existe des incompréhensions sur la bioéthique, l’avortement, le partenariat homosexuel, les étrangers». Néanmoins, un chemin commun doit être trouvé dans la distinction des rôles, mais dans le respect des valeurs communes», affirme encore l’évêque de Lugano, Mgr Pier Giacomo Grampa dans Il Giornale del Popolo du 3 mars.

Mgr Pier Giacomo Grampa, évêque du diocèse de Lugano, interviewé par le quotidien tessinois Il Giornale del Popolo du 3 mars, après la rencontre des représentants de la Conférence des évêques suisses (CES) et la direction du PDC, explique où se situent les divergences entre les deux parties. «La rencontre a eu lieu sur la demande du Parti démocrate chrétien (PDC) suisse.

Il existe en effet des incompréhensions sur la bioéthique, l’interruption volontaire de grossesse, le partenariat homosexuel, les étrangers. En somme, sur des points signifiants de la doctrine chrétienne», affirme-t-il. La rencontre, qui s’est déroulée le 24 février à Berne réunissait Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, vice-président de la CES, Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Pier Giacomo Grampa, évêque de Lugano et le secrétaire général de la CES, Agnell Rickenmann.

Les interlocuteurs du PDC étant Doris Leuthard, présidente du PDC, Urs Schwaller, conseiller aux Etats et Reto Nause secrétaire général du PDC. Si le PDC tessinois n’était pas à la réunion, c’est qu’il ne se présente plus sous l’étiquette chrétienne et pourtant, selon Mgr Grampa, il se caractérise par moins de divergences avec l’Eglise sur les points susmentionnés.

Ce que veut dire être chrétien en politique

Interviewé par Il Giornale del Popolo du 3 mars, Mgr Grampa précise que le PDC, à l’origine de cette rencontre, doit faire face également à des demandes de la part de ses adhérents sur l’opportunité de conserver l’adjectif chrétien dans sa dénomination. La discussion a porté sur la signification d’être chrétien en politique, explique Mgr Grampa. Par exemple, «si la vie humaine doit toujours être défendue, cette défense doit être toujours garantie. Si le mariage est une union entre un homme et une femme, les autres unions doivent être réglementées avec un contrat différent».

Tous les thèmes importants ont été abordés, du rapport entre l’Eglise catholique et l’Etat, à l’intégration des étrangers, en passant par la loi sur l’asile, au problème des sans-papiers, aux thèmes de la bioéthique, de l’instruction religieuse, dans une optique «qui ne soit pas réactive, mais active». Le PDC doit certes parcourir une route pragmatique et chercher le consensus avec les électeurs, mais il ne peut avaliser comme bien ce qui est mal», précise Mgr Grampa.

«L’Eglise travaille sur le long terme»

A la question du «piège le plus grave» qui guette les valeurs chrétiennes, Mgr Grampa a répondu qu’»il ne faudrait jamais accepter la politique de l’artichaut. Soit enlever une feuille après l’autre, au risque de finir sans plus aucune continuité dans les valeurs qui caractérisent notre civilisation chrétienne face aux autres religions». Il est clair que «l’Eglise travaille à long terme et pour des objectifs lointains, alors que les politiques doivent résoudre des problèmes immédiats».

Mais si les points de vue peuvent être divers, ils ne doivent jamais renier les valeurs et les principes significatifs, sinon «il s’agit alors d’une tromperie, que de dire qu’un but politique s’inspire d’une conception chrétienne de la personne et de la société».

Quant à savoir si «la présence des catholiques et des évangéliques dans le même parti pourrait causer des tensions au niveau des choix», selon une question du quotidien tessinois, Mgr Grampa répond que cella ne facilite pas le choix d’une direction commune, mais il cite l’Allemagne, où, dit-il, il existe dans ce parti une meilleure cohérence.

Quant aux perspectives suivant cette rencontre, l’évêque de Lugano assure que chacun a perçu et respecté les rôles divers entre évêques et politiciens. Climat constructif et ouverture qualifient la rencontre, selon Mgr Grampa, qui ajoute qu’»il est dans l’intérêt de tous de construire un chemin commun, dans la distinction des rôles mais dans le respect des valeurs partagées» (apic/vb)

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