Irak: Les catholiques collectent de l’argent pour reconstruire la Mosquée d’Or de Samarra
Bagdad, 6 mars 2006 (Apic) Les catholiques irakiens ont été invités à collecter de l’argent pour restaurer la Mosquée d’Or, à Samarra, enclave chiite à 125 km au nord de Bagdad. Le mausolée chiite a été gravement endommagé par un attentat à la bombe le 22 février dernier. Mgr Sako a exprimé sa solidarité avec les victimes des attentats et demandé la solidarité des chrétiens.
L’archevêque chaldéen de Kirkouk, Mgr Louis Sako, a pris contact immédiatement après l’attentat avec des leaders spirituels chiites pour les assurer de la solidarité des chrétiens dans ce moment de douleur.
Il a souligné une nouvelle fois que les chrétiens irakiens dénonçaient toute attaque contre les musulmans et considèrent comme abominable tout crime contre un lieu de prière.
Mgr Sako a assuré qu’il faisait tout pour inciter les chrétiens à rester en Irak. Ces derniers cherchent souvent par tous les moyens à sortir du pays, pour échapper aux attaques quotidiennes qui visent la population civile. «J’essaie de leur donner du courage», déclare-t-il à l’agence de presse catholique italienne SIR. Et de faire passer ce message à tous les agitateurs qui tentent de faire partir les chrétiens par leurs prêches haineux, les attentats ou les tactiques quotidiennes de harcèlement: «Nous, les chrétiens, n’avons pas peur, nous sommes forts et profondément attachés à notre pays!».
A Kirkouk, dans cette ville multi-ethnique du Nord de l’Irak, les chrétiens vivent dans une situation difficile, faite d’énervement et de désespoir. Dans cette ville riche en pétrole et revendiquée par les Kurdes, qui veulent en faire leur métropole, ils sont près de 12’000, en majorité chaldéens catholiques, sur une population de plus de 400’000 habitants. Mgr Sako rappelle que les attentats contre les églises chrétiennes d’Irak, fin janvier, ont coûté la vie à un servant de messe âgé de 13 ans.
«La guerre civile, ce serait la fin de notre pays, et personne ne veut cela!»
Avec 3% de fidèles, sur une population de près de 25 millions d’habitants, la minorité chrétienne d’Irak est un peu au pied du mur. On ne sait pas exactement d’où viennent les menaces, affirme Mgr Sako: des extrémistes, des fondamentalistes islamistes, des criminels de droit commun libérés de prison par Saddam Hussein avant l’invasion américaine. Certains mouvements aimeraient «purifier la société» des éléments non musulmans, imposer la loi islamique à la société, même si nombre d’Irakiens font la distinction entre chrétiens occidentaux et chrétiens orientaux.
Sans aucun doute, parmi les chiites, qui ont particulièrement souffert sous le régime de Saddam Hussein, on trouve des gens qui veulent maintenant se venger, admet l’archevêque chaldéen de Kirkouk. Mais Mgr Sako se dit confiant qu’il n’y aura pas de guerre civile en Irak: «Ce serait la fin de notre pays, et personne ne veut cela!» (apic/kap/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse