Philippines: Malgré les menaces d’arrestations proférées par le camp Arroyo
Manille, 7 mars 2006 (Apic) Mgr Oscar Cruz, archevêque catholique de Lingayen-Dagupan, dans la province de Dagupan, au Nord des Philippines, a affirmé qu’il continuera de s’exprimer en dépit des arrestations d’opposants au gouvernement après l’état d’urgence imposé pendant une semaine par la présidente Gloria Macapagal-Arroyo.
« La priorité la plus importante, déjà recommandée à trois reprises par la Conférence épiscopale des Philippines, reste la recherche de la vérité concernant les élections nationales de 2004 », a affirmé lundi Mgr Oscar Cruz. Il se référait aux allégations non encore dissipées selon lesquelles Gloria Arroyo aurait triché lors des élections présidentielles de 2004 avec l’aide de quelques généraux et de membres de la commission électorale.
L’archevêque, ancien président de la Conférence épiscopale des Philippines, avait auparavant appelé la présidente à démissionner.
De nombreux activistes ont été arrêtés après la déclaration de l’état d’urgence du 24 février par la présidente qui a annoncé que des activistes de gauche et des soldats insurgés voulaient la renverser.
Citant des rapports des services de renseignements, Mgr Cruz a confié que son nom figurait sur une liste de personnes que la police et l’armée pouvaient arrêter sans mandat. Le directeur général de la police, Arturo Lomibao, a démenti mais Mgr Cruz a maintenu que ses sources d’informations étaient crédibles. Ajoutant même que la liste contenait également les noms de trois autres évêques. Sous la pression de plusieurs groupes de la société civile, entre autres de l’Eglise et des médias, Gloria Arroyo a levé l’état d’urgence le 3 mars, mais les activistes affirment que les arrestations se poursuivent.
« Un autre point important à traiter est de savoir où sont allés d’importants fonds publics », a encore déclaré Mgr Cruz, faisant là référence, entre autres, à ce qui est aujourd’hui appelé « l’escroquerie des engrais », qui aurait permis à des parlementaires de profiter des bénéfices réalisés sur la vente d’engrais à des prix excessifs.
« Qu’une interdiction de parler ait été imposée pour les responsables qui connaissent la vérité sur ces opérations suspectes du gouvernement est une question très curieuse à laquelle il faut apporter une réponse », a-t-il encore lancé en conclusion. (apic/eni/pr)
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