Liberia : L’Observatoire National pour la Défense des Droits de l’Enfant accuse
Monrovia, 12 mars 2006 (Apic) L’Observatoire National pour la Défense des Droits de l’Enfant (Nacrog) du Liberia a dénoncé le trafic d’enfants auquel se livrent de nombreux orphelinats du pays. Beaucoup de ces établissements accueillent aussi des enfants dans des conditions douteuses, insalubres, inadaptés, a ajouté la Nacrog.
Le Nacrog, dont les accusations ont été relayées par le Réseau d’Information Régionale Intégrée (Irin, une agence de presse de l’Onu basée à Dakar), est composée de représentants d’ONG nationales et internationales, de la société civile et de plusieurs ministères. Il a appelé les autorités libériennes à ouvrir une enquête sur le fonctionnement de trois orphelinats et exige l’arrêt des procédures d’adoptions d’enfants dans le pays.
Selon l’organisation, certains orphelinats prétendent venir en aide aux enfants, mais perçoivent d’importantes sommes d’argent pour leur adoption. « Nous avons assez d’éléments qui prouvent que les orphelinats tirent profit de leurs activités, contre la volonté des enfants », a déclaré à Irin, la directrice du Nacrog, Jerolinmek Piah.
En janvier dernier déjà, la section des droits de l’homme de la Mission des Nations-Unies au Liberia (Minul), avait exprimé sa vive préoccupation face aux conditions de vie des orphelins. Les conditions d’hygiène dans certains établissements sont alarmantes. Dans un orphelinat de Monrovia, la Minul a découvert sept garçons dormant entassés à même le sol, dans une petite pièce ne possédant pas de toilettes. Ils sont obligés faire leurs besoins dans cette chambre.
Absence de dossiers d’adoption
La mission militaire onusienne a recensé 78 orphelinats qui hébergeant plus de 5’000 enfants y vivant dans des situations déplorables. Ils sont dans des états lamentables et n’offrent pas les structures minimales garantissant le bien-être des enfants. « Les listes d’enfants placés dans les orphelinats ne sont généralement pas fiables et l’absence de dossier d’adoption expose encore plus ces enfants aux abus et au trafic », a notamment souligné le rapport.
Des responsables d’orphelinats incriminés ont rejeté les accusations de trafics d’enfants, faisant remarquer que leurs programmes d’adoption étaient approuvés par le gouvernement. « Toutes nos activités sont légales et approuvées par le gouvernement libérien », a indiqué Eric Sewa, administrateur de Hope, une ONG qui gère l’un des ces orphelinats.
Le gouvernement libérien, pour sa part, a dit avoir pris note des accusations de la Minul et de Crog. Il a promis de fermer certains orphelinats. (apic/ibc/bb)
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