Budapest: Le gouvernement hongrois finance la rénovation de la cathédrale orthodoxe russe
Budapest, 14 mars 2006 (Apic) Le gouvernement hongrois a promis de financer les travaux de rénovation de la cathédrale orthodoxe russe de Budapest, après la restitution par le président Vladimir Poutine d’une collection d’ouvrages précieux appartenant à un collège de tradition calviniste.
« Il existe une querelle juridique portant sur les droits de propriété de cet édifice, à laquelle la Hongrie est étrangère », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Andras Batiz, au correspondant de l’agence de presse oecuménique ENI. Cependant, comme cette cathédrale est dans un état déplorable, a-t-il précisé, le gouvernement hongrois a offert de participer au financement de sa rénovation, durant la visite du président Poutine.
La cathédrale de la Dormition (mère de Dieu), un édifice du 18e siècle, est passée sous la juridiction du Patriarcat de Moscou en 1949, après l’imposition du régime communiste en Hongrie. Auparavant elle était gérée par l’Eglise orthodoxe serbe, et elle est devenue le siège d’un diocèse orthodoxe russe créé en 2000.
Le Patriarcat oecuménique voulait recevoir cette propriété
Une demande de propriété de la cathédrale de la Dormition faite par le Patriarcat oecuménique, dont le siège est à Istanbul, a été rejetée par la Cour d’arbitrage hongroise en octobre, mais la décision fait actuellement l’objet d’un appel.
L’agence de presse russe Interfax a rapporté que les travaux de rénovation concerneraient deux tours de la cathédrale endommagées durant la deuxième guerre mondiale. Selon Interfax, c’est le premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, qui a fait cette promesse d’aide, « un geste amical », à la veille de la visite du président Poutine. La restitution à la Hongrie de 134 volumes appartenant au collège de tradition calviniste de Sarospatak, qui avaient été saisis comme butin de guerre par l’Armée soviétique, avait fait la une des journaux à l’occasion de la visite de Vladimir Poutine.
S’exprimant le 1er mars lors d’une cérémonie au Musée national de Budapest, où la collection va être exposée, le président russe avait souligné que l’histoire de ces livres, dont la restitution a été demandée par la Hongrie au début des années 1990, reflète « l’histoire tragique de la Deuxième Guerre mondiale ». Il a précisé que leur restitution, acceptée par la chambre basse du Parlement russe, la Douma, le 20 janvier, avait été rendue possible par les changements drastiques du climat politique et « le développement de la confiance » entre la Russie et la Hongrie.
En accueillant Vladimir Poutine, le représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès des institutions européennes, l’évêque Hilarion Alfeyev de Vienne et d’Autriche, a déclaré que son Eglise était satisfaite de la décision de la justice hongroise mais qu’elle regrettait « la plaie que les prétentions du Patriarcat de Constantinople ont infligée à l’unité de l’orthodoxie en Hongrie ». (apic/eni/be)
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