Un groupe organisé attaque l’Eglise pour éloigner les fidèles

Turquie: A nouveau un prêtre catholique agressé par un jeune homme

Mersin, 15 mars 2006 (Apic) Pour la deuxième fois en quelques semaines, un prêtre catholique résidant en Turquie a été agressé par un jeune homme. Selon le Père Henri Leylek, victime samedi soir d’une agression à Mersin, la personne qui l’a attaqué avec un couteau n’était pas un voleur, mais voulait faire peur.

L’agresseur agissait certainement pour le compte d’un groupe organisé qui veut éloigner les fidèles de l’Eglise par une campagne d’intimidations et de violences visant les chrétiens de Turquie, estime le religieux capucin. D’après le Père Leylek, l’agresseur, sous le prétexte de vouloir parler à un prêtre, avait pu pénétrer dans la cure où un groupe de jeunes préparait un jeu de la passion. Après avoir insulté le capucin, le jeune homme a menacé le prêtre avec un long couteau, avant d’être maîtrisé et livré à la police.

Début février, c’est aux cris d’»Allah ou Akbar» – Dieu est le plus grand – qu’un jeune homme a abattu dans son église Don Andrea Santoro, un prêtre italien 61 ans, qui travaillait dans la ville portuaire turque de Trabzon (l’antique Trébizonde), second port de commerce de la Mer Noire. Cet assassinat avait suscité une condamnation unanime en Turquie et dans le monde. Don Andrea Santoro était très connu à Rome, où il était responsable de la paroisse de la Transfiguration de 1972 à 1980. En Turquie également, sa présence était appréciée de ses voisins musulmans, et c’était une véritable «semence chrétienne», selon ses proches, et il épousait toujours la cause des plus faibles.

Des attaques en augmentation constante

Le Père Henri Leylek, qui réside à Mersin, une grande ville sur la Méditerranée, a déclaré à la presse que le jeune n’était pas venu à l’église pour voler, mais pour créer la terreur. Il a demandé à la police d’enquêter sur les motifs de l’augmentation de ce genre d’attaques contre l’Eglise et les lieux chrétiens de Turquie.

Il ne s’agit pas selon lui de gestes de déséquilibrés solitaires, mais d’actes d’une organisation qui veut semer la peur parmi les fidèles pour les éloigner de l’Eglise. Et d’ajouter que face à ces intimidations, des garçons ne se rendent plus à l’école depuis plusieurs jours et que des familles sont préoccupées. Le religieux rappelle que les chrétiens locaux ne viennent pas d’ailleurs: ce sont aussi des Turcs, «fils de cette terre», et l’église de Mersin a été construite il y a 150 ans.

Avec les autorités et les habitants de la ville de Mersin, souligne-t-il, il n’y a absolument aucun problème et l’entente règne entre chrétiens et musulmans. «Nous avons vécu un moment d’intense solidarité lors de l’assassinat de Don Andrea et d’autres épisodes dont nous avons été victimes. Même la police, quand on l’appelle, vient dans les minutes qui suivent», affirme le Père capucin.

Le religieux relève que les attaques contre les chrétiens de Turquie ont commencé bien avant l’affaire des caricatures de Mahomet. Ainsi, cela fait déjà longtemps que des articles de presse et des émissions de télévision prennent les chrétiens pour cible, soulignant tout ce qui divise, pas ce qui unit. «Ils mettent l’accent sur la différence et la haine plutôt que sur l’amour».

Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d’Anatolie et membre de la Conférence épiscopale de Turquie, a déclaré mardi que c’était déjà la deuxième fois que l’on agressait un religieux catholique à Mersin en l’espace de deux mois. La ville, jusqu’à la Première Guerre mondiale, était habitée majoritairement par des chrétiens, et elle garde une présence relativement visible de communautés orthodoxes, catholiques et arméniennes apostoliques. (apic/kna/asianews/be)

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