Rome: La revue jésuite Civiltà cattolica met en cause le modèle d’intégration français
Rome, 16 mars 2006 (Apic) La revue italienne « Civiltà cattolica » met en cause le modèle d’intégration français. Le bi-mensuel des jésuites met le doigt sur l’impasse de « l’intégration à la française » dans son éditorial à paraître le 18 mars 2006. La revue, relue par la Secrétairerie d’Etat du Vatican avant publication, revient sur les émeutes dans les banlieues françaises d’octobre-novembre 2005.
La voie de l’assimilation « à la française », mise à mal par les récents mouvements dans les banlieues où vivent les immigrés, « touche à ses limites tant par l’incapacité de respecter la diversité que par la structure extrêmement centralisatrice de l’Etat français », peut-on lire dans l’éditorial.
En effet, les interventions ont manqué pour donner aux banlieues non seulement plus de services, mais aussi plus d’occasions et de structures socialisantes et dans cette perspective, plus de cohésion sociale, selon la revue jésuite.
Les fondamentalistes islamiques préfèrent le modèle communautariste
Comparant le modèle français d’intégration fondé sur l’assimilation des immigrants à celui des anglo-saxons, plus multiculturel et fondé sur le communautarisme – « modèle préféré parmi tous les autres par les fondamentalistes islamistes » – La Civiltà cattolica reconnaît qu’aujourd’hui personne n’a la baguette magique pour créer le modèle nécessaire pour affronter de façon satisfaisante le phénomène de l’immigration.
La France doit faire « un pas supplémentaire pour l’intégration de tous » dans la société, avait déclaré Benoît XVI à Bernard Kessedjian, le nouvel ambassadeur de France près le Saint-Siège, le 19 décembre 2005. Le pape avait alors affirmé que les violences dans les banlieues françaises « que l’on ne peut que condamner, constituent cependant un message, notamment de la part de la jeunesse, nous invitant à prendre en considération » ses demandes.
Le défi consiste aujourd’hui à vivre les valeurs d’égalité et de fraternité, qui font partie des valeurs mises en exergue par la devise de la France, avait alors insisté le pape. Le Souverain pontife avait aussi souhaité que tous les citoyens puissent réaliser, dans le respect des différences légitimes, une véritable culture commune, porteuse des valeurs morales et spirituelles fondamentales. « C’est donc un pas supplémentaire pour l’intégration de tous dans la société que votre pays est invité à faire », avait-il alors lancé. « La paix sociale est en grande partie à ce prix », avait encore martelé Benoît XVI.
Au cours des émeutes de l’automne 2005 dans les banlieues françaises, près de 9’000 véhicules ont été brûlés par les jeunes en colère. Les dégâts ont été évalués à plus de 200 millions d’euros. (apic/imedia/hy/be)
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