«Lobbying» dans les organismes internationaux
Rome, 19 mars 2006 (Apic) A l’occasion de la réunion des représentants du saint-Siège auprès des organismes internationaux réunis au Vatican du 17 au 18 mars, le pape Benoît XVI leur a déclaré: «Vous participez avec autorité à la responsabilité prophétique de l’Eglise, qui entend continuer à élever sa voix pour défendre l’homme, même quand la majorité avance en sens contraire».
Benoît XVI a reçu en audience le 18 mars les représentants du saint-Siège auprès des organismes internationaux, les enjoignant à «livrer la voix de la conscience à tous ceux qui composent la communauté internationale». «L’accroissement des représentants du saint-Siège auprès des organismes internationaux constitue un précieux stimulant» a aussi déclaré Benoît XVI.
Soulignant le travail «délicat et fatiguant» des diplomates du Saint-Siège, le pape a estimé que leur tâche, «au nom de la vérité», devait participer «à construire une société internationale plus attentive à la dignité humaine». La présence du Vatican au sein des organismes internationaux intergouvernementaux apporte «une contribution fondamentale au respect des droits de l’homme et du bien commun et encore plus à la vraie liberté et à la justice» a-t-il ajouté.
Benoît XVI a invité à lutter contre «les injustices», le «désintérêt et le désordre», qui minent la «cellule originelle de la société» qu’est la famille. Le pape a aussi condamné «l’arrogance» qui ne laisse pas la parole «à ceux qui n’ont pas la force de la faire entendre», en particulier pour la défense de «la vie humaine naissante».
Les 23 représentants du Saint-Siège auprès d’organismes internationaux intergouvernementaux et de l’Union européenne se sont retrouvés à Rome pour une réunion de travail autour du cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano, Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, et Mgr Leonardo Sandri, substitut de la Secrétairerie d’Etat.
A leur ordre du jour se trouvait la question du développement du Saint-Siège au sein des organismes internationaux et de l’activité internationale. Ils ont abordé deux points spécifiques, le premier portant sur la collaboration avec les organisations catholiques ou apparentées qui oeuvrent auprès des organisations internationales, le second sur l’évolution «du concept de droits de l’homme».
Lobbying de l’Eglise pour annuler la dette des pays les plus pauvres
Comme d’autres communautés religieuses, l’Eglise catholique pratique le lobbying au sein des instances internationales. Le cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucipalda (Honduras), avait ainsi révélé en juin 2005 l’action de groupes de pression organisée pendant plusieurs mois par certains évêques et cardinaux afin d’obtenir du G8 l’annulation de la dette des pays les plus pauvres.
Interrogé à l’époque sur le caractère «étrange» d’un travail de lobby politique exercé par des hommes d’Eglise, le cardinal Maradiaga avait répondu que cela ne l’était «absolument pas». «L’Eglise catholique est une autorité morale dans le monde dont parfois, mêmes nous les ecclésiastiques, ne sommes pas pleinement conscients», avait-il expliqué. Pour lui, «il est bon d’utiliser cette autorité politique pour des causes justes «. (apic/imedia/hy/vb)
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