Visite Ad limina des évêques camerounais à Rome

Rome: L’Eglise du Cameroun doit être un exemple de paix en Afrique

Rome, 19 mars 2006 (Apic) L’Eglise du Cameroun doit être en Afrique centrale un point de référence pour la paix. C’est le message que Benoît XVI a délivré aux évêques de ce pays au terme de leur visite Ad limina le 18 mars 2006. Le pape a aussi insisté sur le contexte économique défavorable dans le pays, frappé par le sida, touché par les sectes et par la mondialisation.

«L’Eglise au Cameroun, dans cette région de l’Afrique centrale tant meurtrie par les guerres, demeure toujours un signe tangible de cette paix à édifier, une paix qui dépasse les replis identitaires ou ethniques. Une paix qui proscrit la tentation de la vengeance ou du ressentiment, et qui tisse entre les hommes des relations nouvelles, fondées sur la justice et sur la charité», a lancé Benoît XVI.

Il a ainsi appelé les évêques camerounais à «consolider les relations fraternelles avec les autres confessions chrétiennes et les croyants d’autres religions», mais les a aussi mis en garde. En particulier contre «l’offensive des sectes qui profitent de la crédulité des fidèles pour les entraîner loin du Christ et de l’Eglise». Le souverain pontife a aussi mis le doigt sur «les différentes pratiques de religiosité populaire qui fleurissent et qu’il convient de purifier dans cesse».

Benoît XVI a ainsi rappelé les défis – dont «les ravages du sida» – que l’épiscopat camerounais doit relever, «dans un contexte économique et social défavorable». Le sida, qui «fragilise le lien social en entraînant la perte d’un certain nombre de valeurs traditionnelles». Le pape a invité les évêques à leur donner «des réponses théologiques et pastorales précises», «à évangéliser en profondeur», pour «réveiller les consciences». Le pape a alors invité les évêques à entrer «sans peur dans un dialogue critique avec les cultures nouvelles liées à l’émergence de la mondialisation, pour que l’Eglise y porte un message toujours plus pertinent et crédible».

Le souverain pontife a conclu en invitant les évêques à veiller à la formation du clergé. «Je me réjouis du nombre croissant de prêtres et de séminaristes dans votre pays et je rends grâce aussi pour le travail patient des missionnaires qui les ont précédés». Le pape a rappelé ces prêtres à «la nécessité d’une vie chaste vécue dans le célibat, en conformité avec les lois de l’Eglise» ainsi qu’à «un juste exercice de l’autorité et une saine relation aux biens matériels».

La République du Cameroun est un pays d’Afrique centrale situé entre le Nigeria, le Tchad, la République centrafricaine, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République du Congo et le golfe de Guinée. L’ancien protectorat français et une partie du protectorat britannique ont fusionné en 1961 pour former la République fédérale du Cameroun, qui le 20 mai 1972 fut renommée République unie du Cameroun, devenue en 1984 la République du Cameroun.

Le Cameroun est un melting pot de plusieurs ethnies. On en compte plus de 270. 34,7 % de la population est catholique, 26 % professe les religions traditionnelles. Le nombre de musulmans (21,8 %) et celui des protestants (17,5 %) ne cesse de croître. Cependant, le Cameroun peut être cité comme un exemple de cohabitation religieuse, puisqu’il n’existe quasiment aucune friction entre les différentes communautés. Mais cette extrême tolérance de la population fait le lit de plusieurs sectes qui prospèrent dans le pays. (apic/imdia/hy/vb)

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