Des discussions, certes, mais beaucoup de dissensions

Espagne: La seconde édition du Congrès mondial des imams et des rabbins s’achève

Séville, 22 mars 2006 (Apic) La seconde édition du Congrès mondial des imams et rabbins, à Séville, qui s’achèvera mercredi soir après trois jours de débats, met en lumière la difficulté de s’entendre. Des discussions, certes, mais aussi beaucoup de dissensions. Surtout lorsque le politique se mêle au religieux.

A ce propos, les exemples ne manquent pas, à commencer par ceux fournis par l’actualité en Israël et en Palestine, notamment. Quelque 150 rabbins et imams de 23 pays sont réunis du 19 au 22 mars en Espagne à l’invitation de la fondation suisse «Homme de parole».

Il s’agit du second congrès mondial des imams et rabbins pour la paix: «Le premier congrès de Bruxelles a prouvé que l’impossible était possible; faisons de cette seconde rencontre le printemps de la paix», assurait Alain Michel, fondateur et directeur de la fondation «Hommes de parole», cité par le quotidien français «La Croix».

Rapidement, les critiques internes et externes sont lancées. Contrairement au premier congrès où «les arrière-pensées étaient mises en réserve», «aujourd’hui, on va rapidement au-delà et l’ambiance peut être électrique mais c’est bien, cela remet les choses au point», a pour sa part estimé Hafid Ouardiri, porte-parole de la mosquée de Genève.

La première matinée, mardi, a été consacrée au thème de la «Famille et modernité». Un débat, selon «La Croix», qui a permis de laisser éclater les problèmes et les divergences de fond entre musulmans et juifs mais aussi à l’intérieur de chaque communauté.

Français et Israélien, ancien rabbin à Brighton (Grande-Bretagne) et membre du comité exécutif du Centre européen juif d’information, David Meyer estime que le dialogue entre religions commence d’abord par le dialogue intra religieux: «Il faut, relève-t-il dans des propos repris par le quotidien catholique français, que les religieux retrouvent le courage de dire ce qu’ils pensent aux leurs. Personnellement, je fais venir l’imam de ma ville dans ma synagogue, et les miens me font la tête pendant un moment. Tout cela demande du courage».

La deuxième controverse, surgie lundi matin, a finalement fait entrer de plain-pied la politique dans ce congrès qui ne voulait pourtant pas s’en mêler, commente «La Croix». Abordant l’atelier de travail sur la famille, l’un des Palestiniens présents s’est demandé " comment on pouvait parler de famille normale, de conditions de vie normale » dans la situation actuelle des Territoires palestiniens. Plusieurs rabbins ont réagi lors de cette séance plénière, affirmant qu’ils n’étaient pas là pour parler de politique mais de dialogue interreligieux».

Aux 150 rabbins et imams présents s’ajoutent un nombre tous aussi important d’observateurs, catholiques ou protestants, notamment: «Les rabbins ont peur qu’on mette en accusation Israël», souligne le prêtre lyonnais Christian Delorme. «C’est faire violence aux Palestiniens que de leur demander de ne pas dire leur souffrance, je les comprends», a estimé Marc Raphaël Guedj, ancien grand rabbin de Genève et président de la fondation interreligieuse «Racine et Source». (apic/cx/pr)

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