Rome: L’Eglise catholique attend à bras ouverts les disciples de Mgr Lefebvre
Rome 23 mars 2006 (Apic) Les cardinaux se sont montrés discrets, mais satisfaits de leur journée de rencontre autour de Benoît XVI le 23 mars 2006, au Vatican. Certains ont confié aux journalistes les attendant à la sortie de la salle du Synode dans la soirée, leurs avis sur quelques uns des thèmes abordés par l’assemblée cardinalice.
Interrogé sur l’avenir des relations avec les disciples de Mgr Lefebvre, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission «Ecclesia Dei» chargée au Saint-Siège des relations avec les membres de la Fraternité saint Pie X, a déclaré que «l’Eglise les attend à bras ouverts». Au sujet de leur mode de réinsertion au sein de l’Eglise catholique, il a précisé «nous sommes en train d’étudier la formule la meilleure» pour cela. Le préfet de la Congrégation pour le clergé avait pris la parole dans la matinée pour introduire devant les cardinaux la question des relations entre Eglise catholique et intégristes. Un sujet que Benoît XVI souhaitait voir abordé par ses conseillers.
Le cardinal Medina Estevez, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a souhaité souligné pour sa part qu’il convenait de bien distinguer les traditionalistes, membres de l’Eglise catholique, des disciples de Mgr Lefebvre, la confusion entre les deux étant fréquente.
Reste que les cardinaux, consultés jeudi par Benoît XVI sur les modalités d’une réintégration dans l’Eglise catholique des adeptes de l’évêque intégriste Marcel Lefebvre, ont laissé apparaître leurs divergences, selon divers témoignages.
Les lefebvristes sont hostiles à l’abandon du latin à la messe décidée par le concile Vatican II (1962-1965). Ils sont également opposés à d’autres orientations de Vatican II, notamment l’oecuménisme.
L’exposé du cardinal Hoyos devant les cardinaux a donné lieu à de nombreuses interventions, ont confié plusieurs participants tenus au secret sur les débats. Selon l’archevêque de Bordeaux (France), Mgr Jean-Pierre Ricard, un des 15 nouveaux cardinaux, certains ont exprimé un désir de rapprochement, sans en masquer les obstacles.
Le pape Benoît XVI souhaite réintégrer dans le giron de l’Eglise les lefebvristes, dont les évêques ont été excommuniés par Jean Paul II en 1988. Il a reçu leur supérieur, Mgr Bernard Fellay, le 29 août dernier, et le 13 février, il a consulté sur leur cas les chefs de tous les services du Vatican.
Enquête approfondie
Le cardinal sud-africain Wilfrid F. Napier, archevêque de Durban, a déclaré à l’agence américaine CNS qu’il ne pensait pas que Benoît XVI recherchait un «oui ou non» des cardinaux. Selon le prélat, la situation des lefebvristes, différente selon les pays, nécessite une enquête «approfondie» avant de trouver une solution.
Concernant le thème de l’Islam, l’archevêque de Bordeaux Mgr Jean-Pierre Ricard, qui sera créé cardinal le 24 mars et qui a ainsi participé aux débats, a relevé qu’il avait été question des droits de l’homme» dans les pays musulmans, «de la situation des chrétiens dans ces pays-là et des côtés inquiétants de l’Islam». Il a cependant souligné que certains avaient aussi noté combien l’on pouvait être proche des musulmans dans la défense des valeurs humaines.
Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, s’est de son côté dit «très satisfait de ce temps de libre échange» et s’est montré plutôt favorable à ce que ce type de consultation se renouvelle fréquemment. Le cardinal Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, a pour sa part décrit le climat de l’assemblée comme «fraternel, amical et sous le signe de l’universalité». «Il est beau que le pape ait voulu écouter le sénat de l’Eglise», a-t-il affirmé.
Après avoir écouté ses conseillers, le pape a «synthétisé d’une manière optimale tous les points discutés», a-t-il précisé. Quant à l’évêque de Hongkong, Mgr Zen Ze-Kiu, qui sera créé cardinal vendredi, il a confié aux journalistes chinois qu’il espérait «être bientôt reçu en audience» par le pape et qu’il souhaitait aider ce dernier «à améliorer» les rapports entre la Chine et le Saint-Siège. (apic/imedia/ami/ar/ag/pr)
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