Pour demander la grâce d’un Afghan converti

Rome: Lettre du pape au président Karzaï

Rome, 26 mars 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI a demandé par lettre au président Hamid Karzaï la grâce d’un Afghan passible de la peine de mort pour s’être converti au christianisme, a annoncé samedi l’agence Ansa citant des sources informées.

L’information a d’ailleurs été confirmée par le directeur de la salle de presse du Vatican, Joaquin Navarro-Valls. Dans un communiqué rendu public le 25 mars, ce dernier indiqué que le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano, a écrit le 22 mars au nom du pape Benoît XVI une lettre au président de l’Afghanistan Hamid Karzaï, concernant le sort du converti au christianisme Abdul Rahman.

Abdul Rahman, un Afghan de 41 ans, a été emprisonné il y a deux semaines pour avoir abandonné l’islam et s’être converti au christianisme. Il encourt la peine de mort, selon la loi islamique en vigueur en Afghanistan.

La lettre invoque les droits de la personne humaine inscrits dans le préambule de la Constitution afghane. Le cas d’Abdul Rahman, un Afghan de 41 ans qui encourt la peine de mort pour avoir abjuré l’islam selon la charia (loi islamique) en vigueur en Afghanistan, a suscité de fortes pressions occidentales sur les autorités de Kaboul.

Des voix se sont élevées de partout dans le monde. Selon un haut responsable gouvernemental afghan, cité par l’Agence France presse, le président afghan s’est entretenu dans la journée avec plusieurs responsables pour organiser, « peut-être dimanche », la libération d’Abdul Rahman. La confirmation que l’homme ne serait pas exécuté avait été donnée de manière indirecte jeudi par le Premier ministre canadien, Stephen Harper, qui indiquait avoir reçu des assurances en ce sens du président afghan.

« Dans la lettre, qui porte la date du 22 mars, il est dit que l’appel du pape est inspiré d’une ’profonde compassion humaine’ et de ’la ferme conviction de la dignité de la vie humaine et du respect pour la liberté de conscience et de religion de toute personne’ », poursuit le communiqué du directeur de la Salle de presse.

« Je suis certain, Monsieur le président, qu’abandonner le cas contre Monsieur Rhaman conférerait un grand honneur au peuple afghan et susciterait l’admiration au sein de la communauté internationale », est-il encore indiqué dans la lettre écrite en anglais. « Cela contribuerait alors de façon significative à notre mission commune de promouvoir la compréhension mutuelle et le respect entre les différentes religions et cultures du monde », est-il en outre écrit dans la lettre, comme le rapporte finalement la déclaration de Joaquin Navarro-Valls.

Les regrets du cardinal Sodano

« La force de l’Islam est la faiblesse des chrétiens », avait pour sa part regretté le cardinal Sodano le 20 mars dernier. Il avait aussi souhaité, le 20 février dernier, que « la réciprocité » en matière de liberté religieuse soit défendue par l’Europe, particulièrement « lors des négociations et des déplacements dans les pays musulmans ». particulièrement dans les pays musulmans. Un peu plus tôt dans la journée, Benoît XVI, recevant le nouvel ambassadeur du Maroc près le Saint-Siège, avait défendu la même idée, celle du « respect des convictions et des pratiques religieuses d’autrui, afin que, de manière réciproque dans toutes les sociétés, soit réellement assuré pour chacun l’exercice de la religion librement choisie ».

Sans citer de pays, le pape avait aussi souligné dans son discours au corps diplomatique, le 10 janvier 2006, que « malheureusement dans certains Etats », la liberté religieuse était « loin d’être garantie, et même gravement violée ». Le pape avait expliqué que « les droits fondamentaux de l’homme sont les mêmes sous toutes les latitudes » et que « parmi eux, une place de premier plan doit être reconnue au droit à la liberté de religion, parce qu’il concerne le rapport humain le plus important, le rapport à Dieu ». Benoît XVI avait alors appelé « tous les responsables de la vie des Nations » ne craignant pas la vérité, à ne pas craindre la liberté.

La question des relations entre l’Eglise catholique et l’islam a été discutée le 23 mars au Vatican par les cardinaux rassemblés sous la présidence de Benoît XVI. (apic/ag/imedia/com/ar/pr)

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