Rome: A bâton rompu avec le cardinal Kasper sur l’islam et la visite du pape en Turquie
Rome, 29 mars 2006 (Apic) L’un des « problèmes majeurs » d’aujourd’hui est « d’arriver » à un dialogue avec l’islam, a estimé le cardinal Walter Kasper, lors d’une rencontre avec l’agence Reuters, le 27 mars 2006. Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a souhaité que la prochaine visite de Benoît XVI en Turquie, en novembre prochain, le favorise.
Le cardinal allemand s’est par ailleurs montré optimiste quant aux relations entre le Saint-Siège et le patriarcat orthodoxe de Moscou.
« Arriver à une relation avec l’islam qui ne soit pas un choc des civilisations, mais un dialogue entre les civilisations » est « l’un des problèmes majeurs d’aujourd’hui », a déclaré le cardinal Walter Kasper, le 27 mars 2006. « Bien sûr, personne ne veut un choc des civilisations. Cela serait désastreux pour le monde entier », a-t-il renchéri.
« Nous devons essayer d’approfondir notre dialogue avec l’Islam, particulièrement avec les forces modérées de l’islam et essayer de parvenir à une relation positive et amicale », a expliqué le cardinal.
Il a aussi espéré que Benoît XVI profite de sa visite en Turquie, prévue fin novembre prochain, pour promouvoir un plus grand dialogue avec le monde musulman. Il a estimé « inévitable » que le pape et les autorités turques abordent le sujet lors de leur rencontre à Ankara.
« Il y a beaucoup de questions difficiles et profondes que nous devons résoudre avec l’islam, mais nous devons aussi nous rappeler les temps des bonnes relations », a renchéri le cardinal Kasper. Et d’ajouter « il y a eu beaucoup d’influences positives de l’islam, également sur le christianisme ».
Interrogé sur la controverse créée par une déclaration du cardinal Ratzinger défavorable à l’entrée de la Turquie en Europe en été 2004, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a répondu qu’il s’agissait « d’une opinion privée du cardinal Ratzinger » et qu’il ne pensait « pas que le pape parlerait de cela, quand il ira en Turquie en tant que pape ».
La visite de Benoît XVI en Turquie est prévue du 28 au 30 novembre et vise à poursuivre le travail de rapprochement de l’Eglise catholique avec les orthodoxes. Le pape rencontrera le patriarche oecuménique Bartholomé Ier à Istanbul. S’il avait exprimé le désir de se rendre dans le pays dès l’année dernière, Benoît XVI n’a finalement été invité par les autorités turques que pour l’année 2006.
Interrogé sur les relations entre le patriarcat de Moscou et le Saint-Siège, le cardinal Kasper a déclaré: « Nous avions une période difficile derrière nous, mais maintenant les choses changent ». Il a ainsi estimé qu’il « y a un nouvel esprit aujourd’hui ».
Et Moscou?
En ce qui concerne le prosélytisme que les orthodoxes russes reprochent aux catholiques, le cardinal allemand a estimé que ce « problème » pouvait être « facilement résolu ». Il a rappelé que les deux Eglises avaient mis en place une commission mixte à ce sujet et s’est félicité de son travail. « S’il y a des cas concrets, nous sommes prêts à enquêter et s’il y a des abus, nous changerons les choses », a-t-il indiqué.
L’Eglise orthodoxe considère désormais le catholicisme comme « un allier dans la lutte pour la découverte des racines chrétiennes de l’Europe et la lutte contre le terrorisme », a de plus estimé le président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens.
A propos d’une éventuelle visite de Benoît XVI à Moscou, jusqu’ici impossible, le cardinal Kasper a expliqué qu’il fallait d’abord que le pape se rende à Istanbul pour y rencontrer Bartholomé Ier. « Après cette visite, nous pourrons penser à une rencontre » à Moscou. Mais il a aussi souligné qu’un accord résolvant les différends entre le pape et le patriarche de Moscou serait d’abord nécessaire pour une telle rencontre. Si nous y parvenons, « je pense qu’une rencontre (entre les deux) sera possible », a-t-il ainsi estimé. (apic/imedia/ar/pr)
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