Coire: Mgr Amédée Grab, président de la CES, commente l’affaire Röschenz

Apic interview

« Je suis solidaire de Mgr Kurt Koch »

Interview : Walter Müller / Traduction : Bernard Bovigny

Coire, 31 mars 2006 (Apic) Le président de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Amédée Grab, se dit solidaire de son confrère Kurt Koch dans l’affaire Röschenz. Interrogé par l’Apic, il s’exprime pour la première fois sur ce conflit qui oppose l’évêque de Bâle à cette paroisse et à l’abbé Franz Sabo.

Mgr Grab compte sur les instances ecclésiastiques de Bâle-Campagne, qui reconnaissent explicitement les structures canoniques dans leur statut, pour résoudre cette affaire.

Apic : La paroisse de Röschenz est le théâtre d’un grave conflit sans précédent entre elle et l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, qui porte atteinte à l’image de l’Eglise dans toute la Suisse. La CES doit-elle donc intervenir ?

Mgr Grab : Il n’est pas adéquat que la CES s’engage dans les détails du conflit de Röschenz. C’est l’affaire du diocèse de Bâle. Mais je suis solidaire de mon confrère Kurt Koch. Je suis de l’avis que de tels conflits doivent se résoudre par la solidarité, qui fait partie de l’Eglise et par laquelle se comprend l’Eglise. Le très récent développement de cette affaire montre que des attentes, qui ne correspondent pas à l’Eglise telle qu’elle se comprend, ni au cadre dans lequel elle doit résoudre ce conflit, sont bien présentes.

Apic : Qu’entendez-vous par « très récent développement»?

Mgr Grab : Le développement avant tout dans les médias. La remise du Prix Herbert Haag, le 20 mars, a été l’occasion, en plus des attaques contre Mgr Koch, d’exprimer certains propos qui ne doivent pas rester sans réactions. En particulier ceux qui concernent le fait que la sentence d’un juge civil devrait décider de la façon dont l’évêque exerce ses responsabilités dans l’Eglise.

Apic : Quel est le problème de fond dans le cas de Röschenz ?

Mgr Grab : Le conflit est basé sur le fait que l’évêque n’a pas prolongé la mission canonique d’un prêtre. Il l’a retirée, puis a prononcé une suspension. Et sur le fait que ni le prêtre concerné ni la majorité de la paroisse n’a, dans le cas présent, reconnu l’autorité de l’évêque.

Apic : Quelles solutions possibles voyez-vous en vue de la résolution du conflit ?

Mgr Grab : Des solutions sont possibles du point de vue du droit canonique. Contrairement aux affirmations selon lesquelles il n’y a pas de traitement correct dans un tel cas, un prêtre qui considère la décision d’un évêque comme injuste a la possibilité de recourir à Rome. Ce droit est absolument reconnu.

Apic : L’abbé Sabo rejette visiblement cette solution. Y a-t-il d’autres possibilités de résoudre le conflit ?

Mgr Grab : Lorsque quelqu’un qui a provoqué une sanction de l’Eglise ne veut pas utiliser la voie de recours prévue, il lui reste encore la possibilité d’une médiation. Bien entendu il devrait être possible de s’entendre à l’intérieur de l’Eglise. Mais la médiation ne peut pas se comprendre comme une exigence unilatérale de conversion adressée à l’évêque de Bâle. Le prêtre doit également accomplir un chemin de conversion.

Apic : Vous attendez-vous encore à des conflits comme celui de Röschenz dans l’Eglise en Suisse ?

Mgr Grab : Théoriquement, de tels conflits sont possibles. Car la façon dont sont organisés les catholiques – en corporations reconnues de droit public – peut à nouveau provoquer de telles situations. Le cas Röschenz constitue cependant une exception, et les vagues qu’il a provoquées démontrent que ce conflit est inhabituel. En tant qu’évêque je suis très heureux que les relations entre les organes ecclésiastiques et les évêques, dans la grande majorité des cas, ne provoquent pas de tensions ou de conflits insolubles. Mais le système lui-même fait que les conflits ne peuvent se résoudre que si les statuts des corporations catholiques, comme c’est d’ailleurs le cas à Bâle-Campagne, reconnaissent explicitement la validité des jugements canoniques.

Apic : Dans le cas de Röschenz, cela est donc exigé des instances ecclésiastiques cantonales ?

Mgr Grab : Bien entendu. Il est mentionné dans leur statut que les structures canoniques sont reconnues. (apic/wm/bb)

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