Rome : Message du pape au séminaire de la Congrégation pour l’éducation catholique
Rome, 2 avril 2006 (Apic) « Il convient d’affirmer avec force que l’être humain ne peut jamais être sacrifié aux succès de la science et de la technique ». C’est ce que Benoît XVI a déclaré aux participants au séminaire organisé par la Congrégation pour l’éducation catholique sur le thème ’l’héritage culturel et les valeurs des universités européennes et l’attractivité de l’Espace européen de l’enseignement supérieur’. Il les recevait en audience le 1er avril.
Le pape a ainsi une nouvelle fois exhorté le monde universitaire et scientifique à ne pas sous-évaluer les dimensions éthiques et religieuses de leurs recherches. Au centre de la réflexion que le souverain pontife a offert aux universitaires réunis dans la salle clémentine du palais apostolique, la « question anthropologique ». Il faut « éclaircir quel est la conception de l’homme qui est à la base des nouveaux projets », a-t-il déclaré. Cette question, « pour nous qui sommes héritiers de la tradition humaniste fondée sur les valeurs chrétiennes », doit être évaluée « à la lumière des valeurs inspirées de notre civilisation, qui ont trouvé dans les universités européennes de véritables laboratoires de recherche et d’approfondissement ».
« On se demande quel est le rapport entre la personne humaine la science et la technique », s’est interrogé le pape. « Si au 19e et au 20e siècle, la technique a connu un développement extraordinaire, au début du 21e siècle de nouveaux pas en avant ont été franchis. Le développement technologique grâce à l’informatique a aussi pris en charge une partie de notre activité mentale avec pour conséquences qu’il change notre manière de penser et peuvent conditionner notre liberté même ».
Dans une Europe « à la redécouverte de sa propre identité qui n’est pas seulement d’ordre économique et politique », a expliqué Benoît XVI, les universités ont « un rôle crucial ». Elles ne peuvent « se contenter d’instruire », mais « doivent s’engager à remplir un rôle éducatif important au service des nouvelles générations, en faisant appel au patrimoine de valeurs qui ont marqué les millénaires passés ». « L’université pourra ainsi aider l’Europe à conserver son âme, en revitalisant les racines chrétiennes qui sont à son origine », a conclu le pape.
Une suite au processus de Bologne
Le séminaire d’études sur l’héritage culturel et les valeurs des universités en Europe (EEES) s’est tenu au Vatican du 30 mars au 1er avril. Cette rencontre organisée par la Congrégation pour l’éducation catholique dans le cadre du ’Processus de Bologne’ avait pour but d’élaborer « une stratégie pour accroître l’attractivité de l’Espace européen de l’enseignement supérieur dans le monde »
Ce séminaire a été organisé par le Saint-Siège en collaboration avec le Rectorat des universités pontificales romaines, l’Académie pontificale des sciences, l’Unesco-CEPES (Centre Européen Pour l’Education Supérieure) et le Conseil de l’Europe. Il avait été programmé à Bergen en Norvège lors de la conférence des ministres européens chargés de l’enseignement supérieur en mai 2005.
Le Processus de Bologne a débuté en 1999, un an après que les ministres de l’Education d’Allemagne, Grande-Bretagne, France et Italie ont demandé aux pays européens un effort en vue de « créer une zone continentale consacrée à l’éducation supérieure ». 29 ministres européens s’étaient réunis à Bologne, berceau de la plus ancienne université du monde, et avaient signé une déclaration d’intention. Le Saint-Siège, fort de ses 130 000 universités présentes dans le monde entier, a rejoint le Processus de Bologne lors de la Conférence des ministres européens chargés de l’enseignement supérieur à Berlin en septembre 2003, par le biais de la Congrégation pour l’éducation catholique.
Les 45 pays participant au processus se sont donné pour but de coordonner leurs politiques pour établir cet espace d’ici à 2010. La prochaine réunion interministérielle aura lieu à Londres en 2007 et s’intitulera « Le Processus de Bologne et l’enseignement supérieur en Europe face à la mondialisation ». (apic/imedia/hy/bb)
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