Israël: Le procureur général somme le Grand rabbin Yona Metzger de démissionner
Jérusalem, 4 avril 2006 (Apic) Le procureur général d’Israël Menachem Mazuz a sommé le Grand rabbin ashkénaze Yona Metzger de démissionner. Certes, le procureur a décidé de ne pas poursuivre le Grand rabbin pour fraude et abus de confiance concernant son séjour dans un hôtel de Jérusalem, et de clore une enquête judiciaire contre lui. Mais il a affirmé mardi que le religieux avait menti durant l’enquête.
Menachem Mazuz a averti que dans le cas où le Grand rabbin se refusait à démissionner, il prendrait des mesures administratives par le biais de la Commission chargée de la nomination des juges des cours rabbiniques, pour obtenir son départ. Le Grand rabbin Metzger devait recourir mardi auprès de la Cour suprême de Justice contre la demande de démission lancée par le procureur Mazuz.
Metzger a fait l’objet d’une enquête judiciaire pour avoir séjourné avec sa famille en 2004 au David Citadel Hotel de Jérusalem pour un forfait minimum, des faveurs personnelles qui confinent à la corruption, selon ses détracteurs. Durant l’enquête, la police avait découvert qu’il avait déjà bénéficié à plusieurs occasions de tels rabais dans cet hôtel – et dans d’autres – durant ses vacances. Pour le procureur Mazuz, l’attitude du Grand rabbin Metzger ne le rend plus apte à occuper la charge de juge à la cour rabbinique et de Grand rabbin.
L’establishment religieux accusé d’être touché par la corruption
Le Centre israélien d’action religieuse (IRAC), le bras légal du Mouvement israélien pour un judaïsme progressiste, a déclaré que si Yona Metzger ne démissionnait pas, il ferait appel devant les tribunaux. Le rabbin Gilad Kariv, directeur associé du Centre, a déclaré que la conduite de Yona Metzger est une preuve de plus « de la profondeur de la corruption qui touche l’establishment religieux en Israël ». Il est d’avis que le public orthodoxe devrait en déduire que l’éloignement des chefs religieux « de la tentation du pouvoir est la seule mesure apte à restaurer auprès du public la confiance dans le Grand rabbinat et à le rendre plus proche de l’héritage juif ».
Divers mouvements anticorruption ont également demandé la démission du Grand rabbin ashkénaze pour les mêmes motifs, en mentionnant la nécessité – pour occuper ce poste – de l’éthique et du respect de l’intégrité publique. (apic/haar/be)
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