Pour un retour des valeurs chrétiennes et familiales en politique

Rome : La défense de la vie n’est pas négociable, selon le ministre italien Buttiglione

Interview : Samuel Pruvot (Famille Chrétienne) et Ariane Rollier (agence I.MEDIA)

Rome, 5 avril 2006 (Apic) A la veille des élections législatives italiennes des 9 et 10 avril, le ministre italien de la Culture, Rocco Buttiglione, a répondu aux questions de l’hebdomadaire français Famille chrétienne à paraître le 8 avril et de l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome

Selon le ministre italien, président de l’Union des démocrates chrétiens (UDC) et membre de la coalition de droite de Silvio Berlusconi, « la défense de la vie n’est pas négociable ». Rocco Buttiglione invite aussi au retour des valeurs chrétiennes et familiales en politique.

Q : Si le catholicisme fait partie du patrimoine culturel italien, joue-t-il encore un rôle dans la société contemporaine ?

R. Buttiglione : Je pense que oui. L’idéologie de 1968 prônait une rupture radicale avec le passé. Mais ces nouvelles ’valeurs’ socialistes ou communistes ont fait faillite. Elles devaient se substituer aux valeurs chrétiennes et familiales. C’est à elles que l’on doit revenir pour trouver une orientation pour aujourd’hui.

Q : Pourquoi avez-vous approuvé les propos du cardinal Ruini contre ’l’union de fait’?

R.B : La propagande en faveur du Pacs est en réalité une propagande contre la famille. Elle prolonge la vieille fable de la révolution sexuelle, qui prétend que nous pourrions nous passer de la famille dans nos sociétés. Je pense que la vérité est exactement le contraire: nous avons besoin de davantage de familles et d’enfants. La famille a droit à une politique d’aide et de défense. Quant à la majorité des couples ’de fait’, ce sont des familles en gestation. Nous devons les encourager à se marier, à donner de la stabilité à leur relation, parce que les enfants en ont besoin.

Q : Un parti peut-il accepter qu’il y ait des éléments non négociables en politique, comme l’a écrit le cardinal Ratzinger ?

R.B : Il y a des choses qui ne sont pas négociables. Et il faut mener des batailles! Il ne faut jamais renoncer à la lutte pour la vérité. Naturellement, la politique doit aussi avoir une stratégie et donc des priorités. Il faut discerner ce qui est possible aujourd’hui et ce qui ne l’est pas, mais qui peut être plus tard l’objet de notre action. La défense de la vie, par exemple, n’est pas négociable. Mais nous savons qu’aujourd’hui, il n’est pas complètement possible de changer la loi contre l’avortement, même s’il y a une majorité pour la défense plus forte de la maternité. Ainsi, dans les hôpitaux, les mouvements pour la vie devraient pouvoir proposer aux femmes des alternatives à l’avortement.

Q : L’électorat catholique italien, autrefois rassemblé dans la Démocratie chrétienne, est désormais partagé entre la gauche et la droite. Est-ce que cela pose un problème ?

R.B : Bien sûr qu’il y a un problème. Il y a une nostalgie en Italie d’une grande force politique du centre inspirée des valeurs chrétiennes. Je crois que nos propositions auront du succès, et pas seulement auprès des catholiques. Car notre argumentation politique part de la nature et de l’expérience humaines. Dans la période actuelle, nous commençons à découvrir les inconvénients évidents d’une sécularisation exacerbée. Il y a une réorientation de notre peuple qui ouvre l’opportunité d’une nouvelle politique.

Q : L’UDC (Union des démocrates chrétiens et du centre) est-il le parti le plus à même de défendre les valeurs chrétiennes aujourd’hui en Italie?

R.B : Nous ne prétendons pas avoir le monopole des valeurs chrétiennes. Dans tous les partis, il y a des hommes de bonne volonté qui en sont plus ou moins proches. Mais, oui, je pense que l’UDC est le parti qui s’en inspire le plus en Italie. (apic/imedia/sp/ar/bb)

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