Mgr Comastri dénonce l’égoïsme et les vices de la société

Rome: Méditations du Chemin de croix du pape

Rome, 5 avril 2006 (Apic) Mgr Angelo Comastri, vicaire général pour l’Etat de la Cité du Vatican, dénonce avec force l’égoïsme et les vices de la société moderne dans ses méditations écrites pour le traditionnel Chemin de croix du pape, dont le partenaire romain de l’Apic, l’Agence I.Media, s’est procuré une copie.

L’archevêque italien a été choisi par Benoît XVI pour rédiger les prières et les méditations de la première Via Crucis qu’il présidera au Colisée, à Rome, dans la soirée du vendredi saint, le 14 avril 2006.

Dans un style soutenu, le prélat italien estime qu’avec « une propagande sournoise, se propage aujourd’hui une apologie idiote du mal, un culte absurde à Satan, une envie folle de transgression, une liberté inconsciente et mensongère qui exalte le caprice, le vice et l’égoïsme en les présentant comme des conquêtes de la civilisation ».

Le prélat estime que « le bien-être nous déshumanise, et que le divertissement est devenu une aliénation, une drogue. Le vicaire général pour l’Etat de la Cité du Vatican juge qu’il s’agit du « message publicitaire monotone de cette société » et d’une « invitation à mourir dans l’égoïsme ». Pour l’archevêque italien, « l’agression à l’égard de la famille est certainement une douloureuse passion de Dieu ». Selon lui, « il semble qu’une espèce d’anti-Genèse, d’anti-projet, d’orgueil diabolique qui pense balayer la famille soit en action aujourd’hui ».

Le monde est fait de deux pièces, affirme encore Mgr Comastri dans une métaphore: « Dans une pièce, on gaspille et dans l’autre on crève, dans l’une on meurt d’abondance et dans l’autre, on meurt d’indigence, dans l’une on craint l’obésité et dans l’autre on invoque la charité ».

Une goutte dans le fleuve des larmes versées par les mères

Le corps humilié du Christ, lors de sa mort sur la croix, est selon Mgr Comastri « l’accusation de toutes les humiliations du corps humain créé par Dieu comme reflet de l’âme et langage pour dire l’amour ». « Mais aujourd’hui, dénonce-t-il, le corps est souvent vendu et acheté sur les trottoirs des villes, sur les trottoirs des télévisions, dans les maisons devenues des trottoirs ».

Lorsqu’il évoque la rencontre du Christ avec sa mère, dans le chemin jusqu’à sa passion, Mgr Comastri affirme que le monde a « besoin de femmes, d’épouses, de mères, qui restituent aux hommes le beau visage de l’humanité ». Plus loin, il évoque les pleurs des femmes de Jérusalem à la mort du Christ. Selon lui, aujourd’hui, ces pleurs sont « seulement une petite goutte dans le fleuve des larmes versées par les mères: mères de crucifiés, mères d’assassins, mères de drogués, mères de terroristes, mères de violeurs, mères de fous. mais toujours mères ».

Les méditations et les prières de ce Chemin de croix sont axées, selon Mgr Comastri lui-même, autour de « deux certitudes », celle « du pouvoir dévastateur du péché » et celle « du ’pouvoir guérisseur’ de l’Amour de Dieu ». « Ta passion est l’histoire de toute l’humanité », écrit-il en s’adressant au Christ, « cette histoire où les bons sont humiliés, les doux agressés, les honnêtes piétinés, et où l’on se moque narquoisement des coeurs purs ». « Ta croix, affirme-t-il encore, je l’ai construite moi aussi avec mes péchés ».

Pourquoi se laisser agresser?

Au quotidien, se demande l’archevêque italien, « pourquoi Dieu se laisse-t-il agresser par l’orgueil et l’arrogance des hommes ? » Dans sa prière, il demande au Christ de permettre aux hommes « de ne jamais devenir les bourreaux de leurs frères sans défense », « de prendre courageusement position pour défendre les faibles ». « Combien de personnes sont poussées en marge de la vie, dans l’exil de l’abandon, dans l’indifférence qui tue les indifférents », dénonce encore le prélat italien qui ajoute qu »il suffirait d’un geste et les pauvres pourraient s’asseoir au banquet en enlevant la tristesse de la table des égoïstes qui ne peuvent faire la fête tous seuls ».

« Le Christ nous attend dans les rues, sur le pallier, à l’hôpital, en prison. dans les banlieues de nos villes », lance Mgr Comastri qui se demande si « nous le reconnaîtrons » ou si « nous mourrons dans notre égoïsme ».

Mgr Angelo Comastri est âgé de 62 ans. Ancien archevêque de Lorette, en Italie, il est depuis février 2005 vicaire général pour l’Etat de la Cité du Vatican et président de la Fabrique de Saint-Pierre. En mars 2003, à la demande de Jean Paul II, il avait prêché la retraite de carême de la curie romaine.

Benoît XVI présidera au Colisée, le 14 avril 2006 à 21h15, la première Via Crucis de son pontificat. (apic/imedia/ami/pr)

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