Angleterre: Théologien et résistant allemand, Bonhoeffer avait été exécuté par les nazis
Londres, 6 avril 2006 (Apic) Des lettres écrites en temps de guerre et publiées pour la première fois font ressortir les raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne a refusé de soutenir un mouvement de résistance allemand qui cherchait à renverser le régime nazi d’Adolf Hitler durant la deuxième guerre mondiale.
La correspondance échangée en 1942 entre l’évêque George Bell et le ministre des Affaires étrangères d’alors, Anthony Eden, vient d’être publiée dans le livre « Bishop George Bell – the Greatest Churchman – a Portrait in Letters » publié par le Rassemblement des Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande.
L’évêque anglican George Bell, qui était un adversaire acharné du nazisme, s’est aussi opposé au bombardement des civils en Allemagne et a participé à la fondation du Conseil oecuménique des Eglises (COE).
Dans les lettres qu’il adresse à un ami, George Bell décrit comment il a informé le ministre Anthony Eden d’une rencontre avec son ami d’avant guerre, Dietrich Bonhoeffer, en Suède, pays neutre. Bonhoeffer, théologien et résistant allemand exécuté par les nazis en 1945, lui avait donné des informations sur la composition et la structure du mouvement d’opposition en Allemagne.
Dietrich Bonhoeffer, qui était né en 1906, avait été autorisé à voyager hors de l’Allemagne car il se servait de sa couverture d’agent du service de contre-espionnage allemand, tout en faisant secrètement partie d’une cellule dissidente qui voulait renverser Hitler.
L’opposition allemande à Hitler n’a pas été jugée suffisamment organisée
L’évêque George Bell écrit qu’Anthony Eden était plutôt sceptique face à ce projet et croyait « qu’il était possible, que les pasteurs [Dietrich Bonhoeffer et un collègue, qui avaient rencontré l’évêque en Suède], à leur insu, aient été utilisés pour tâter le terrain de la paix et que lui-même [Eden] devait faire scrupuleusement attention à ne pas sembler entrer en négociations avec l’ennemi et d’être ainsi capable de dire sincèrement que c’était bien le cas, à la Russie et à l’Amérique. »
En répondant aux lettres de George Bell, Anthony Eden, qui a refusé d’envoyer une réponse à Dietrich Bonhoeffer, écrit que l’opposition en Allemagne a peu fait pour prouver son existence. Tant qu’elle ne montrerait pas sa volonté de suivre l’exemple des peuples opprimés d’Europe en courant des risques et en agissant activement pour s’opposer au régime nazi, le gouvernement britannique ne pouvait pas changer sa position.
Un deuxième volume qui évoque en partie la relation entre Dietrich Bonhoeffer et George Bell vient aussi d’être publié par le Rassemblement des Eglises. L’ouvrage « Bonhoeffer and Britain » rédigé par Keith Clements, ancien secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK), évoque les personnes et les lieux au Royaume-Uni qui ont influencé le théologien allemand, en particulier durant le séjour qu’il a effectué à Londres comme pasteur luthérien de 1933 à 1935.
Le Rassemblement des Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande est l’organisation qui regroupe les grandes Eglises chrétiennes du Royaume-Uni et de la République irlandaise. Les deux livres peuvent être obtenus en consultant le site www.ctbi.org.uk (apic/eni/vb)
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