Le théologien contestataire suspend son jugement négatif du début

Rome: Benoît XVI surprendra, estime Hans Küng

Rome, 13 avril 2006 (Apic) Benoît XVI « prend son temps et préfère faire de petits changements qui en provoquent de plus grands ». C’est le jugement que le théologien contestataire suisse Hans Küng porte sur le pontificat de Benoît XVI à la veille du premier anniversaire de son élection, le 19 avril, dans un article du New York Times.

Dans un article du New York Times reproduit par le quotidien italien La Stampa le 13 avril 2006, Hans Küng, que Benoît XVI avait reçu le 24 septembre 2005 pendant près de 4 heures à Castel Gandolfo prévient le lecteur « des surprises d’un conservateur » et dresse un portrait de Jean Paul II en négatif de celui de Joseph Ratzinger.

L’ancien collègue du pape à l’Université de Tübingen, en Allemagne, rappelle qu’il n’a « jamais caché sa très grande déconvenue face au conclave qui a choisi pour pape le cardinal Ratzinger ». Mais, « nonobstant mon scepticisme, affirme-t-il, j’ai suspendu mon jugement ». Benoît XVI « mérite qu’on lui donne une chance ».

Le pape, selon Hans Küng, est « un savant studieux, posé et réfléchi, il n’est pas constamment engagé dans de grandes apparitions publiques ». « De plus, il a réduit aussi bien le nombre des voyages à l’étranger que les audiences à Rome », constate-t-il.

Hans Küng ne cache pas non plus ses critiques à l’égard de Jean Paul II et de son préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. « Pendant 27 longues années, j’ai attendu en vain une réponse à mes lettres à Jean Paul II ». Rappelant la rencontre qu’il a eue avec Benoît XVI en septembre dernier, il estime que le pape « se rend compte » que la situation de l’Eglise est « grave ». « Jean Paul II n’a pas réussi à convertir beaucoup de monde à ses points de vue rigoristes, en particulier en matière de morale sexuelle, malgré ses discours et ses voyages », estime-t-il. Sa vision est, selon lui, « rejetée » par la majorité des catholiques.

Critiques contre le rigorisme de Jean Paul II

Poursuivant sa charge contre l’ancien pape polonais, Hans Küng ajoute que « de ses encycliques, de son catéchisme, de ses décrets et de ses sanctions disciplinaires, de toutes les pressions vaticanes, évidentes ou obscures sur ses opposants, il n’est presque rien sorti ». Ainsi, il appelle Benoît XVI à « rompre le retard des réformes accumulées depuis un quart de siècle ».

Benoît XVI avait reçu Hans Küng le 24 septembre 2005. « Une heureuse surprise » selon ce dernier. Le pape et le théologien contestataire avaient alors parlé de l’éthique mondiale et des sciences naturelles avec la raison de la foi chrétienne.

Né en 1928, le théologien et philosophe suisse, Hans Küng a participé au Concile Vatican II, tout comme Joseph Ratzinger. Nommé par le pape Jean XXIII, il était consultant officiel en théologie. Mais il a déclenché plus tard des débats controversés dans l’Eglise catholique. Le Vatican lui a retiré, en 1979, la permission officielle d’enseigner au nom de l’Eglise. Mais l’Université de Tübingen, en Allemagne, a crée pour lui une chaire d’études oecuméniques afin qu’il continue son travail. Le théologien suisse a une certaine renommée et influence dans le monde. Il a rédigé l’avant-projet de la Déclaration pour une éthique mondiale du parlement des religions du monde, qui s’est tenu à Chicago en 1993. A l’âge de 76 ans, il a reçu, le 11 mai 2005, le 22e prix de la Fondation bouddhiste japonaise pour la paix Niwano. Auteur de nombreux ouvrages, Hans Küng est également président en Allemagne et en Suisse de la ’Fondation Weltethos’ ou Fondation pour une éthique mondiale. (apic/imdia/hy/vb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-benoit-xvi-surprendra-estime-hans-kueng/