«Le Christ est toujours vendu.»
Rome, 17 avril 2006 (Apic) Le prédicateur de la Maison pontificale, le père Raniero Cantalamessa, s’en est pris avec force aux écrits «pseudo historiques» sur Jésus-Christ, lors de la célébration de la Passion dans la basilique Saint-Pierre, le 14 avril 2006 en fin d’après-midi. «Le Christ est toujours vendu, non plus par les chefs du Sanhédrin pour trente pièces, mais par des éditeurs et des libraires pour des milliards», a-t-il déclaré.
Le père capucin a attaqué, sans le nommer, le film tiré du roman à succès Da Vinci code qui s’apprête à sortir en salles, ou encore le texte de L’Evangile de Judas récemment présenté aux Etats-Unis. La longue célébration commémorant la mort du Christ sur la croix était présidée par Benoît XVI.
«D’habiles remanieurs de légendes antiques poussent des millions de personnes à croire que Jésus de Nazareth n’a, en réalité, jamais été crucifié», a dénoncé le père Cantalamessa lors de l’homélie prononcée devant le pape. «On parle beaucoup de la trahison de Judas sans s’apercevoir que nous la renouvelons», a-t-il lancé en référence à L’Evangile de Judas, un papyrus découvert dans les années 70 mais récemment traduit et publié par le mensuel américain National Geographic.
«Le Christ est toujours vendu, non plus par les chefs du Sanhédrin pour trente pièces, mais par des éditeurs et des libraires pour des milliards», a déclaré avec force le père Raniero Cantalamessa pour qui «personne ne réussira à arrêter cette vague spéculative qui atteindra d’ailleurs son sommet avec la sortie imminente d’un certain film». Il s’en est pris ainsi au film tiré du livre à succès de l’Américain Dan Brown, Da Vinci code, dont la sortie mondiale est prévue le 19 mai 2006.
Manipulation
Justifiant qu’il s’est «occupé pendant des années de l’histoire des origines chrétiennes», le prédicateur pontifical a fait part de son «devoir d’attirer l’attention sur une erreur monumentale qui est à la base de toute cette littérature pseudo historique». «L’erreur, vient du fait que l’on utilise des écrits apocryphes du 2e et du 3e siècles pour leur faire dire exactement le contraire de ce qu’ils voulaient dire», a-t-il confié tout en citant «les Evangiles de Thomas, de Philippe et de Judas». Il a aussi qualifié de «chose incroyable» le fait que «certains, aujourd’hui, croient voir dans ces écrits l’exaltation du féminisme, de la sexualité, de la pleine jouissance désinhibée dans ce monde matériel, en querelle avec l’Eglise officielle qui aurait toujours tout opprimé».
Le père Cantalamessa a ensuite invité les catholiques à réagir. «Nous ne pouvons accepter que le silence des croyants soit pris pour de l’embarras et que la bonne foi (ou peut-être la bêtise ?) de millions de personnes soit grossièrement manipulée par les médias, sans pousser un cri de protestation non seulement au non de la foi mais aussi du bon sens et d’une saine raison», a-t-il soutenu devant les milliers de fidèles rassemblés dans la basilique Saint-Pierre.
«Dans notre société, on se demande toujours plus souvent quel rapport il peut y avoir entre l’amour de deux jeunes et la loi du mariage, quel besoin il y a de ’contenir’ l’amour qui est tout élan et spontanéité», a encore noté le prédicateur pontifical, regrettant que «ceux qui refusent l’institution du mariage et qui choisissent le soi-disant amour libre ou le simple concubinage de fait sont toujours plus nombreux». «On peut répondre correctement, a-t-il déclaré, à ces questions et donner aux jeunes une raison convaincante pour se ’lier’, pour aimer pour toujours et ne pas avoir peur de faire de l’amour un ’devoir’», a estimé le père capucin, en leur faisant découvrir «le rapport profond et vital qu’il y a entre la loi et l’amour, entre la décision et l’institution».
L’an passé, le prédicateur de la Maison pontificale avait déjà regretté l’existence de romans, de films et de spectacles «où l’on manipule à souhait la figure du Christ sur la découverte de documents fantasmatiques et inexistants». Il avait aussi dénoncé avec force les dérives de la société moderne, fustigeant une «certaine pensée laïque» qui engendre la violence à l’égard de la religion.
Le pape, vêtu d’une chasuble rouge – couleur de la passion – a présidé la célébration entouré de cardinaux et d’évêques de la curie. En arrivant dans la basilique Saint-Pierre, il s’est allongé un long moment en silence devant l’autel majeur. Après la longue lecture de l’Evangile faisant mémoire de la mort du Christ, le père Raniero Cantalamessa a pris la parole. (apic/imedia/ami/cp/pr)
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