Plus de sécurité au nom de la «solidarité intergénérationnelle»
Rome, 21 avril 2006 (Apic) A l’occasion du 20e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (26 avril 1986), un séminaire sur ses conséquences a été organisé le 21 avril au Vatican par le Conseil pontifical Justice et Paix, en collaboration avec l’ambassade d’Ukraine auprès du Saint-Siège. Le cardinal Renato Martino, président du dicastère, a invité l’Europe à élever son niveau de sécurité en matière nucléaire au nom de la «solidarité intergénérationnelle».
«Dans une perspective morale empreinte d’équité et de solidarité intergénérationnelle, il faudra continuer à identifier de nouvelles sources d’énergie, à développer ces alternatives et à augmenter les niveaux de sécurité de l’énergie nucléaire», a ainsi expliqué le cardinal, en se référant au Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise.
Ce séminaire avait «pour but d’exercer le devoir de mémoire, mais aussi de porter un regard vers le futur, en posant les bases d’une réflexion (.) sur les problématiques complexes et difficiles qui concernent l’énergie atomique», a encore souligné le cardinal Martino. «Après cette tragédie, avec son lot de morts et de peurs», le président du dicastère a expliqué vouloir mettre en rapport «les sources d’énergie et les modèles de développement» selon le principe «du bien commun universel». Les responsabilités des Etats «devront être illuminées et guidées par la recherche continue du bien commun», a-t-il ajouté.
Le cardinal italien a également rappelé que Jean Paul II avait déjà abordé la question de la sécurité dès 1982, quatre ans avant la catastrophe, encourageant les scientifiques à élever «les niveaux de sécurité de l’énergie nucléaire».
Le ministre ukrainien de la Santé, Youri Polyachenko, et l’ambassadeur d’Ukraine près le Saint-Siège, Grygorii Khoruzhyi, assistaient à ce séminaire au cours duquel est aussi intervenu Didier Louvat, chargé des questions relatives à Tchernobyl pour l’Agence internationale pour l’Energie atomique (AIEA).
Toute l’Europe a été touchée
C’est au matin du 26 avril 1986, à la suite d’une série de dysfonctionnements techniques et d’erreurs humaines, que le bloc numéro 4 de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl explosa, laissant s’échapper des millions d’éléments radioactifs sur plusieurs milliers de kilomètres. Les régions les plus touchées étaient situées autour de la centrale, mais le nuage radioactif fut entraîné par des vents est-ouest, répartissant les dépôts sur toute l’Europe.
Aujourd’hui, le bilan humain s’avère encore difficile à évaluer. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a publié le 21 avril une enquête évaluant à 16’000 le nombre de décès que devrait entraîner la dissémination du nuage radioactif, dans les premiers jours qui ont suivi l’explosion. (apic/imedia/cp/bb)
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