Fribourg: L’oeuvre d’entraide des travailleurs «Brücke – Le Pont» fête ses 50 ans le 6 mai

Une émanation de Travail.Suisse et du Mouvement catholique KAB

Walter Müller, traduction et adaptation Jacques Berset

Fribourg, 26 avril 2006 (Apic) Ruedi Vogel, serrurier aux ateliers Saurer d’Arbon, en Thurgovie, fonde en 1950 le premier groupe pour la Mission. Ce catholique de la base récolte auprès de ses collègues, le jour de la paie, de l’argent pour les nécessiteux d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Son action suscitera bientôt des vagues de sympathie à travers toute la Suisse.

C’est ainsi que des membres du mouvement des travailleurs catholiques KAB et des syndicats chrétiens mettront sur pied des groupes missionnaires, pour aboutir il y a tout juste 50 ans, en 1956, à la fondation à Zürich de «Brücke der Bruderhilfe». Cette oeuvre d’entraide, portée aujourd’hui par le KAB et Travail.Suisse et présidée par le conseiller national fribourgeois Hugo Fasel, s’inscrit dans l’école de pensée chrétienne sociale.

La flamme des débuts est toujours vivante

Alors que «Brücke – Le Pont» s’apprête à fêter son demi-siècle d’existence le samedi 6 mai prochain à l’Aula de l’Université à Fribourg, sa directrice Dorothée Guggisberg relève que la flamme des débuts est toujours vivante: celle de la solidarité des travailleurs en Suisse avec leurs collègues des pays du Sud.

Oeuvre d’entraide aux dimensions modestes, «Brücke – Le Pont» concentre ses projets dans six pays, dans le cadre de son programme «Travail dans la dignité»: Bolivie, Brésil, Nicaragua, Salvador, Bénin et Togo. La philosophie de base: permettre aux bénéficiaires de rompre les liens de dépendance et d’améliorer, par leurs propres moyens, leurs conditions de vie. L’oeuvre d’entraide soutient des adultes, des jeunes et des enfants défavorisés qui cherchent à améliorer leur situation sur le marché du travail.

Les programmes nationaux ont pour priorités la promotion de rapports de travail dignes et équitables, le soutien à des initiatives génératrices de revenus et d’emploi, la promotion des organisations locales de base et le renforcement du secteur de la petite paysannerie et de l’agriculture écologique. Dans ce contexte, la formation de base est, pour «Brücke – Le Pont», de première importance.

Les projets de l’oeuvre d’entraide des syndicats contribuent à ce que les hommes puissent subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins, et qu’avec la dignité ainsi retrouvée, ceux qui étaient jusque-là exclus commencent à regagner de l’influence sur la vie politique et sociale de leur milieu. Pour le développement durable d’un pays, cette démocratisation à la base est indispensable, souligne Dorothée Guggisberg, qui dirige depuis 2004 le secrétariat situé à la Rue St-Pierre 12, à Fribourg.

Réexamen des modalités d’intervention

Cette ex-professeure à la Haute Ecole pour le travail social de Berne, qui a une expérience de terrain dans le domaine de la coopération au développement suite à plusieurs séjours à l’étranger, explique qu’en ce moment l’oeuvre d’entraide réexamine les modalités de son intervention. Il s’agit de faire face aux nouveaux défis qui se présentent. Ainsi, on note un changement de génération chez les donateurs.

Certes, la base de l’oeuvre reste pour le moment essentiellement les membres du KAB – ils forment encore dans les paroisses un réseau très actif et vivant, souligne la directrice, sans lequel «Brücke – Le Pont» n’existerait plus – et de Travail.Suisse.

Cette dernière organisation regroupe depuis décembre 2002 les fédérations et les syndicats qui étaient affiliés auparavant à la Confédération des syndicats chrétiens de Suisse (CSC) et à la Fédération des sociétés suisses d’employés (FSE), soit quelque 170’000 membres.

Dorothée Guggisberg, diplômée en Travail social et ancienne collaboratrice de Caritas Suisse, connaît bien les défis que représentent les quêtes dans les paroisses, alors que le nombre des pratiquants est dramatiquement à la baisse. Sans parler du fait que les membres du KAB sont également en recul. Certes, l’oeuvre d’entraide parvient à compenser ces manques à gagner par d’autres sources, notamment les financements venant de la Direction du développement et de la coopération (DDC), ainsi que des paroisses, des cantons, des communes et d’un certain nombre de fondations. Sans compter que «Brücke – Le Pont» s’est également lancé dans la collecte de fonds selon les méthodes du «fundraising».

L’an dernier, «Brücke – Le Pont» a géré des projets pour un montant de 1,3 million de francs, et cette somme devrait se monter à 1,4 million cette année. Dorothée Guggisberg souligne que les sommes engagées pour les projets représentent 73% de l’ensemble des dépenses. Les 27% restants sont dépensés pour le travail d’information en Suisse ainsi que pour le marketing, la vente de produits du marché équitable (fair trade), l’administration et le contrôle de qualité des projets.

Le jubilé est une très bonne occasion

Aux yeux de sa directrice, le jubilé est une très bonne occasion de remercier tous ceux qui ont soutenu l’oeuvre d’entraide et l’important réseau qu’elle a bâti pendant ces 50 ans. Mais la fête va surtout servir à regarder en avant pour les prochaines années, estime-t-elle. Il s’agit d’intensifier ses efforts afin que tous, femmes et hommes, puissent vivre et travailler dignement.

Comme chaque année, l’oeuvre d’entraide va lancer son «Action du mois de mai» et proposer une liturgie sur un thème lié à la coopération internationale, avec des documents destinés aux paroisses. La liturgie proposée permet d’aborder, dans le cadre d’un service religieux, la réalité des conditions de vie dans les pays du Sud. C’est aussi l’occasion de présenter le travail de «Brücke – Le Pont» et les collectes et les dons récoltés à cette occasion sont reversés aux projets de développement qu’il soutient.

Cette année, «Brücke – Le Pont» place son action de mai sous le signe de «la fête»: la joie de célébrer un Jubilé pour toutes les personnes impliquées en Suisse, et celle de nombreuses personnes en Afrique et en Amérique latine qui luttent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. WM/JB

Encadré

Fêtes à Fribourg, Gossau et Lucerne

Le 6 mai prochain, «Brücke – Le Pont» organise sa fête centrale à Fribourg. Ce que les membres engagés des syndicats de Travail.Suisse et du Mouvement catholique des travailleuses et travailleurs (KAB) ainsi que les donatrices et donateurs privés et institutionnels ont réalisé ces 50 ans dernières années mérite d’être fêté, souligne l’oeuvre d’entraide. Des manifestations régionales auront lieu à Gossau le 5 juin et à Lucerne le 24 juin.

Des photos et d’autres informations peuvent être obtenues auprès du secrétariat de «Brücke – Le Pont», à la Rue St-Pierre 12, 1700 Fribourg, 026 425 51 51, info@bruecke-lepont.ch, www.bruecke-lepont.ch). CCP 90-13318-2. (apic/wm/be)

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