Fribourg: Près de 400 personnes à la 1ère rencontre annuelle de l’Institut Philanthropos
Jacques Berset, Apic
Fribourg, 30 avril 2006 (Apic) Près de 400 personnes ont participé samedi 29 avril à la 1ère rencontre annuelle de l’Institut Philanthropos, à Bourguillon, sur les hauteurs de Fribourg. Hôte d’honneur de l’Institut européen d’études anthropologiques, le cardinal d’origine genevoise Georges-Marie Cottier, qui a quitté ce dimanche sa fonction de Théologien de la Maison Pontificale au Vatican.
Cette Rencontre annuelle de Philanthropos était centrée cette année sur le thème « Anthropologie et Eucharistie: adorer le coeur de Dieu pour comprendre le coeur de l’homme ». A l’origine de l’Institut, a rappelé samedi son directeur Yves Semen, par ailleurs professeur de philosophie politique à la Faculté libre de Philosophie de Paris (IPC), il y a une analyse du pape Jean Paul II sur la nature anthropologique de la crise contemporaine, le constat que notre société post-industrielle s’intéresse davantage à ce que l’homme produit plutôt qu’à ce qu’il est.
C’est pour relever ce défi qu’a été lancée à l’automne 2004 une nouvelle offre de formation chrétienne et humaine, véritable « école de vie » d’une durée d’un an, intégrant vie intellectuelle, vie en communauté et vie de prière. L’Institut peut théoriquement héberger jusqu’à 60 étudiants sur le site de Salve Regina, mis à disposition par les Soeurs de Baldegg. Ils sont invités à vivre en communauté, sous l’animation spirituelle de la Fraternité Eucharistein dirigée par le Père Nicolas Buttet, co-fondateur de l’Institut.
« L’heure de vérité » du cardinal
Le cardinal Cottier, par ailleurs ami et membre du Comité d’honneur de Philanthropos, a présidé la messe très fréquentée à laquelle ont participé les 19 étudiants de l’année dernière et les 24 de la volée 2005-2006, composée de quinze Français, cinq Suisses, trois Belges et une Lituanienne. Natif de Carouge (Genève), ancien enseignant aux Universités de Fribourg et de Genève, le dominicain Georges-Marie Cottier, 83 ans, était le « théologien du pape » depuis seize ans, chargé de l’assister dans les travaux d’élaboration de tous ses textes, à part ceux relevant de la diplomatie.
Consacrant son homélie à la sainte du jour, Catherine de Sienne, moniale dominicaine et docteur de l’Eglise morte en 1380, le cardinal Cottier a mis en garde l’assistance: « Notre centre d’intérêt ne doit pas être nous-mêmes, ni même notre vie spirituelle. Notre vie spirituelle est en Dieu. » Et de relever que même les choses de Dieu, nous avons tendance à les voir à partir de nous-mêmes et non pas à travers le miroir de la foi. Saint Catherine, dans le miroir de la foi, voyait que le mystère de Dieu est un mystère d’amour mais aussi de beauté, insiste le cardinal.
Sur le coup de midi, le cardinal a accepté le défi de répondre en direct à 8 étudiants de Philanthropos sur le modèle de l’émission de TV française « L’heure de vérité ». Il a souligné que « l’eucharistie porte le monde, sinon, face à l’accumulation des péchés commis, il s’effondrerait ». Il a invité le public à ne pas juger la situation de l’Eglise à partir de celle que nous vivons en Europe, « qui n’est pas brillante », surtout si on la considère sous l’angle de la pratique dominicale. C’est le défi et la tâche missionnaire de la génération actuelle en Europe, a-t-il lancé.
Auparavant, Mgr Jean Laffitte, né en 1952 dans le diocèse d’Autun, et actuellement vice-président de l’Académie pontificale pour la vie à Rome, avait développé le thème de la « théologie du corps » de Jean Paul II. Le prélat français a rappelé que le pape polonais avait été le premier à utiliser le thème de soumission réciproque de l’homme et de la femme dans le mariage, pour sortir de la structure d’oppression de la femme par l’homme. Il a encore souligné l’urgence de donner une vision anthropologique de l’homme qui ne soit pas la caricature offerte par la société contemporaine. Après les conclusions du Père Nicolas Buttet, la 1ère Rencontre annuelle de Philanthropos s’est achevée par des échanges informels entre public, étudiants et professeurs autour d’une copieuse soupe chalet. JB
Encadré:
Un esprit pluraliste et interdisciplinaire, ouverture aux autres cultures
A Philanthropos, l’accent est mis sur l’enseignement de l’anthropologie philosophique et théologique dans un esprit pluraliste, interdisciplinaire et d’ouverture aux autres cultures, comme à l’anthropologie de l’islam, de l’hindouisme ou du bouddhisme. Les études sont suivies à plein temps, à raison de 20 heures hebdomadaires durant 35 semaines. Destiné en priorité à des jeunes en recherche de « la vérité sur l’homme » dans une société en crise dans le domaine social, culturel, économique, Philanthropos propose, sur une année, une formation de niveau universitaire dont les objectifs sont intellectuels, spirituels et pré-professionnels. Les enseignants – des professeurs issus de grandes universités européennes – s’ils sont défrayés pour le déplacement, ne touchent pas de salaire.
Philanthropos s’insère dans la nouvelle planification pastorale diocésaine, qui compte beaucoup sur les communautés, instituts et mouvements religieux pour des services ecclésiaux nouveaux. L’Institut ne fait pas concurrence à d’autres lieux de formation de l’Eglise à Fribourg, comme la Faculté de théologie de l’Université, l’Institut romand de formation aux ministères (IFM), l’Ecole de la Foi (qui ferme ses portes) ou le séminaire. (apic/be)
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