Soudan: La situation humanitaire se détériore très fortement depuis plusieurs mois
Khartoum, 30 avril 2006 (Apic) La situation s’est «complètement détériorée» dans la région du Darfour (ouest du Soudan) depuis trois à six mois. Les conditions de vie et de travail sont de plus en plus difficiles. Selon l’Unicef, environ 200’000 nouveaux réfugiés sont arrivés dans les camps aux abords des grandes villes de la région.
En raison des combats entre les différentes factions militaires, les organisations humanitaires ont de plus en plus de mal à ravitailler les populations. Tous les camps de déplacés sont maintenant saturés. Les vivres et les médicaments ne sont plus acheminés. Les donateurs potentiels ne veulent plus ouvrir leur porte-monnaie à cause de l’instabilité dans la région. Cette désaffection des dons a contraint le Programme Alimentaire Mondial (Pam) à réduire dramatiquement les rations alimentaires au mois de mai, en raison d’un financement insuffisant.
L’organisation humanitaire a annoncé le 28 avril dans un communiqué, qu’en «réduisant les rations alimentaires à près de 1050 kilocalories, soit la moitié des 2100 kilocalories nécessaires quotidiennement», elle espère que les stocks actuels pourront durer plus longtemps pendant la période de soudure (juillet-septembre). C’est à cette période que «les besoins sont les plus aigus en attendant la prochaine récolte».
32% de la somme nécessaire
Le Pam a lancé des appels successifs à contributions. Mais il n’a reçu que 238 millions de dollars, représentant 32% des 746 millions de dollars nécessaires pour fournir une assistance humanitaire à 6,1 millions de personnes cette année au Soudan.
Selon l’Unicef, certaines populations en fuite au Darfour ne peuvent pas rejoindre les camps. Les distances à marcher sont trop longues. «Il y a des personnes dans un état déplorable». «La situation se détériore d’une manière forte et redevient mauvaise, même si elle n’a pas atteint le niveau de celle d’il y a deux ans lorsque le conflit a éclaté». Elle est très «compliquée» aussi. Parmi ces réfugiés paysans, ceux qui ont fui les combats et d’autres qui n’ont rien pu semer à cause de la sécheresse. C’est une «sorte de migration vers la ville pour avoir de l’aide humanitaire». (apic/ibc/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse