Cérémonie historique Place Saint-Pierre

Rome: 33 nouvelles recrues de la Garde suisse pontificale ont prêté serment

Rome, 6 mai 2006 (Apic) Pour la première fois dans l’histoire de la Garde suisse pontificale, c’est sur la place Saint-Pierre que 33 nouvelles recrues ont prêté serment, dans l’après-midi du 6 mai 2006. Il s’agissait du point d’orgue des festivités organisées à Rome pour le 500e anniversaire de la fondation de la Garde suisse pontificale par le pape Jules II (1503-1513).

Au début de la cérémonie, le commandant de la Garde suisse Elmar Theodor Mäder a particulièrement salué le corps interarmées italien, lui exprimant la proximité de la Garde au lendemain de la mort de deux soldats italiens en Afghanistan.

S’adressant aux autorités présentes sur le parvis de la place Saint-Pierre ainsi qu’aux différents corps d’armée participant à la cérémonie, le commandant de la Garde suisse, saluant les autorités militaires en italien, a ajouté à son discours officiel «nous sommes encore plus proches de vous dans votre douleur pour les disparus». Le commandant Mäder, chaleureusement applaudi par les milliers de personnes présentes sur la place, faisait ainsi référence aux deux soldats italiens tués vendredi 5 mai au sud-est de Kaboul, en Afghanistan, par l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule.

La cérémonie a commencé à 16h30, après le défilé de piquets de différentes armées suisses, italiennes ou d’autres pays, les trompettes annonçant finalement l’arrivée du «piquet» de la Garde suisse, commandé par le vice-commandant Jean-Daniel Pitteloud, au rythme des tambours. En présence du substitut de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Leonardo Sandri, le commandant Elmar Theodor Mäder, assisté de l’aumônier, Mgr Alois Jehle, ont ensuite passé en revue ses troupes avant de prendre la parole.

«Servir l’Eglise est tout autre qu’un travail d’esclave»

Le commandant Mäder a appelé ceux qui ont «le privilège de pouvoir servir le successeur de Pierre» à faire passer «au second rang» leurs intérêts personnels, à «renoncer à l’égoïsme, à la consommation et à l’individualisme». «Comme il est gratifiant, après une longue marche ou après des heures d’immobilité, après une nuit de garde, de pouvoir se dire à soi-même: je l’ai pourtant fait», a déclaré le commandant devant ses gardes, avant de souhaiter «que cette ambition (les) accompagne toujours dans tous les domaines de la vie».

«Servir l’Eglise est tout autre qu’un travail d’esclave», a-t-il encore noté en invitant les recrues à être «conscientes que des milliers de volontaires voudraient être à (leur) place». «Acriter et fideliter», Honneur et fidélité (la devise de la Garde suisse, ndlr), nous voulons servir mais aussi dans la joie», a conclu Elmar Theodor Mäder.

Comme le commandant, c’est en italien, en allemand et en français que l’aumônier de la Garde Suisse a ensuite pris la parole. «Chers gardes qui avez choisi de servir de plus près l’Eglise du Christ dans la personne du Saint-Père, démontrez le courage qui vous caractérise et témoignez toujours la tête haute de la foi de notre Seigneur», a-t-il lancé.

Il a aussi évoqué la figure de Jean Paul II qui a «apporté aux autres témoignages son propre don de soi, annonçant l’Evangile avec courage, sans ménager ni sa peine ni même sa vie». Il a finalement fait part de sa «profonde gratitude» envers Benoît XVI, représenté sur le parvis de la basilique par son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein.

Le serment

Après les hymnes du Vatican et de la Suisse, les 33 nouvelles recrues, en grande tenue, ont prêté l’une après l’autre serment sur le drapeau de la Garde suisse pontificale, aux armes de Benoît XVI et du pape fondateur du corps d’armée, Jules II (1503-1513).

Un bras sur le drapeau, et l’autre levé vers le ciel avec trois doigts tendus, chacun des nouveaux garde a juré «de servir fidèlement, loyalement et de bonne foi, le souverain pontife régnant, Benoît XVI, et ses légitimes successeurs, de (se) dévouer pour eux de toutes (ses) forces, sacrifiant si nécessaire (sa) vie pour leur défense». Promettant «respect, fidélité et obéissance» à leurs successeurs, les nouveaux gardes ont aussi assuré que leur dévouement serait identique «vis-à-vis du collège des cardinaux» en cas de «vacance du siège apostolique».

Parmi les 33 nouveaux gardes, 22 sont originaire de Suisse germanophone, 9 de la partie francophone et 2 sont italophones. Ces derniers ont été chaleureusement applaudis par la foule place Saint-Pierre. Ils ont tous entre 21 et 26 ans.

De nombreuses délégations de corps armés étrangers ont aussi participé à cette cérémonie. Ainsi, outre une représentation italienne interarmées, les hallebardiers de la Garde du Roi d’Espagne ont côtoyé les grenadiers fribourgeois, mais aussi des membres de la Compagnie d’artillerie de Londres ainsi que les hallebardiers et mousquetaires de la Compagnie d’artillerie du Massachusetts.

Après les discours et la prestation de serment, la fanfare et les tambours de la Garde ont exécutés quelques pièces musicales enlevées pour clore, vers 18h15, une cérémonie haute en couleurs. Dans la soirée, une rencontre festive des amis de la Garde suisse devait être organisée au Château Saint-Ange, non loin du Vatican. Un concert de musique viennoise y a été donné par la «Kantorei» et l’orchestre du «Collegium Musicum» de Lucerne. La soirée devait se terminer Place Saint-Pierre par un feu d’artifice aux couleurs de la Garde – bleu, rouge et jaune – tiré un peu avant 22h.

Le 6 mai 1527, lors du Sac de Rome par les lansquenets allemands et espagnols, 147 gardes suisses moururent pour défendre le pape Clément VII, tandis que 42 autres s’échappèrent avec lui vers le château Saint-Ange où ils se réfugièrent. C’est en souvenir de cet événement que les nouvelles recrues prêtent serment le 6 mai de chaque année sur le drapeau de la Garde suisse. Le président de la Confédération Moritz Leuenberger a également assisté à la cérémonie annuelle de prestation de serment de fidélité des 33 nouveaux gardes suisses. (apic/imedia/ami/ar/pr)

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